
L’Appart’house - 1
Les retrouvailles
Yseut et Tristan, Juliette et Roméo, Héloïse et Abélard, Virginie et Paul se réunissent une fois par an pour une dizaine de jours de vacances, à l’approche de l’été.
Cette année ils ont réservé aux McAaron, boulangers-pâtissiers juifs écossais propriétaires de l’Appart’house, cette grande maison, sur les Hauts de Bonifacio, face aux îles Lavezzi et à la Sardaigne.
Ils ont convenu de se retrouver en Italie à Savone, (à Gênes y a plus de plaisir), sur un ferry de la Corsica Ferries.
Juliette et Roméo
Parti de Nantes et s’étant arrêté à la digue, Montaigu y croisa Juliette, une fleuriste qui courrait dur le guilledou, un samedi soir enfiévré, au Dante, un tripot à tripotages où on dansait la tarentelle.
Leur rencontre fut fulgurante, et tandis que la tarente, elle, s’esquivait, arachnophobe notoire, Juliette Capulet capitulait et se jetait dans les bras musclés de son macho de Roméo.
Linguophiles et tactiles, ils vivent à Sucé sur les bords de l’Erdre, près de Nantes.
Yseut et Tristan
Après beaucoup de tentatives infructueuses et traumatisantes sur les réseaux sociaux, Yseut et Tristan, se sont vus pour la première fois, en Bretagne, sur les rives du lac de Guerlédan.
Pour séduire la belle, il avait alors dégainé un humour qu’il pensait irrésistible :
‘’ Lance l’eau du lac ! ‘’, ‘’ Naguère les dents étaient des chicots ‘’, ‘’ Tu ris Cocher ? ‘’,
et plus étonnant, une sorte d’énigme :
‘’ … Tandis qu’Alice Chevalier se grâle, Leroy-Merlin vend des tables rondes … ‘’,
(puis d’autres impossibles à citer ici sans déroger aux règles de bienséance auquel souscrit indéfectiblement le narrateur).
Bon public, n’en pouvant plus de ses soirées en solitaire, et cachant ses mains abîmées sous des moufles,
Yseut succombait alors au charme discret de son attristant croquemitaine.
Tristan est employé aux pompes funèbres (spécialités de mocassins noirs hommes toutes tailles) et Yseut tient une petite échoppe de filtres pour hottes et aspirateurs, et de vente de CD à l’enseigne ‘’ Hotte is reading ‘’, car elle est fan de Soul music et de Rythm’n’blues.
Ils vivent près de Brocéliande, Tristan est pompier bénévole à Paimpont (35) où Yseut est surnommée La Forée.
Lorsqu’il en a marre des pieds à croquer ou à chausser, il est aussi animateur d’une association de druides auteurs du manuel de travaux ménagers. ‘’ La serpe hier ‘’.
Héloïse et Abélard
Héloïse est une masseuse qui n’hésite et, rappeuse, femme libre, féministe, et libertine convaincue.
Elle assume le droit souverain de disposer de son corps, et se le donne aussi pour celui des autres, sans distinction, mais avec distinction quand même.
Prof de maths à l ‘Université de Nantes, Abélard est un homme à moitié chauve, à ton sûr, anar et mystique.
Ses étudiants d’Erasmus le surnomme ‘’ Clergy pig ‘’.
Descendant de Pierre Cauchon, cuistot de Jehanne l’arquebouteuse femme au foyer, son père a voulu le prénommer ainsi par fidélité génétique.
Alors qu’ils étaient étudiants, ils se sont connu au Pallet (44), au cours de vendanges.
Abélard a succombé au spectacle sensuel qu’offrait Héloïse en mini-short foulant frénétiquement les grappes aux pieds, et à ses jambes ensanglantées du jus pourpre de la treille.
Ils vivent depuis à Clisson (44), dans une maison d’inspiration italienne, au bord de la Sèvre nantaise, avec leur fille de 15 ans, Florence, une teigne acnéique et bigleuse, lunettée façon scaphandrier.
En échec scolaire, elle redouble son CM2 et vient de prendre un amant pour soigner tous ses boutons.
Virginie et Paul
Ce sont les trublions de la bande, couple libre, et libidineux obsessionnels.
Très exhib, un peu vulgaire, bombasse, et gourgandine, tendance Betty Boop, le minois et le corps avenants, blonde aux yeux azur, Virginie fait un tabac.
En toutes saisons, ce qu’elle porte sur elle en guise d’oripeaux tiendrait dans le carton à chaussures d’un nain unijambiste au dressing allégé.
D’un séjour rocambolesque en Louisiane, à Baton Rouge, elle est revenue très Miss Sissy Pee, mi-souris, mi-lady, mais avec un seul ferret trouvé en mettant le cap sur la maison de Cotillard et Canet, en Gironde.
Virginie a un cheveu, ou présumé tel, il n’est pas toujours le sien, sur le bout de la langue.
En outre, gourde quand elle a la pépie, elle a tendance à bégayer, et déclencher le rire sous l’effet de son ce tic oral, lorsqu’elle hèle son homme.
Elle est secrétaire d’un avocat, sosie de DSK, qui lui fait faire des heurts supplémentaires échevelés.
Durant le week-end elle organise chez eux, à Sète, ou plus si affinités, des réunions de type Tupperware, mais elles n’ont en commun que l’utilisation de dérivés plastiques, celles-ci ne sont pas dédiées à la logistique domestique.
Très friand du chant des sirènes, pêcheur de murènes, de raies, et devant l’éternel, Paul est un homme plutôt rustique mais sympa, au look de surfeur peroxydé dont les tablettes en chocolat abdominales ont évoluées en crème renversée ou en chocolat liégeois périmé sous l’effet de la bonne chère.
Son humour graveleux ferait passer Jean-Marie Bigard pour un poète.
Colomba
Elle va accompagner leur séjour à Bonifacio, Colomba est à la fois cuisinière, femme de chambre et de ménage.
Jolie, 25 ans, d’allure mauresque ou andalouse, c’est une jeune femme de Porto-Vecchio aux yeux et cheveux ébène, à la silhouette avenante et prospère, sans Mérimée, malgré son goût de l’orthographe.
Condor insomniaque plutôt que colombe pacifique, elle va avoir avec Miss Sissy Pee une sérieuse et rapace confrontation.
-=-
Savone — dimanche — 10 heures
Ils sont venus, Ils sont tous là, pas ceux du sud de l’Italie, elle est pas morte la Mamma,
elle braille, s’égosille, vocifère, tempête, tornade, vulcanise, vésuvise, et strombolise :
‘’ elle t’emm… la Mamma, Aznavourian t’es qu’un sniper-chanteur-nécrophage qui veut faire son burro salato (beurre salé non guérandais) sur mon dos scoliosé, et mon ventre plissé et dévasté par quatorze maternités, Charlot-nabot-bobo-macho, moi aussi j’peux rimailler, bastardo ! ‘’.
Savone – dimanche – 10 heures 02
Solidaires de cette révolte mammaire, après cette nécessaire mise au point préalable, et sans Colomba corsetée sur l’île, les huit amis se retrouvent, fidèles au rendez-vous.
Embrassades et échanges se succèdent, en rafale, à Mach 1 ou 1,5 (1200–1800 kmh) :
‘’ Pas trop fatigués ? À votre âge faut faire gaffe ‘’
‘’ Même pas vu les radars, j’roulais trop vite ‘’
‘’ T’es content de ta bagnole Roméo ? ‘’,
‘’ Héloïse, t’as pas pris une ride, mais alors les ridules ... bonjour ! ‘’,
‘’ Trop d’arrêts pipi ? … tant que ça ! … la prochaine fois pense aux couche-culottes ‘’,
‘’ T’as pensé à fermer l’eau et le gaz ? ‘’,
‘’ T’es enceinte ? ... non ? … excuses, ça doit être la lumière … ou bien les fringues ‘’,
‘’ T’as pas eu le temps de t’habiller Virginie ? ‘’,
‘’ Paul, ton coiffeur, il a Parkinson ou il est en taule ? ‘’,
‘’ Virginie, ton vernis à ongles tu le passes au rouleau ou au pistolet … c’est du Ripolin ? ‘’,
‘’ C’est bien ta couleur mais je te préférais l’année dernière, la prochaine fois demande-moi avant ‘’
‘’ Ça a dû te coûter bonbon le lifting, y avait un sacré boulot ‘’, … etc.
Après ces tendres, bouleversants et débordants témoignages d’affection, ils avisent une caffetteria, le ferry est à 14 heures, il faut être au port une heure avant, ils ont donc le temps et s’installent à la terrasse.
Le serveur, Arturo un calabrais bien calibré, vient prendre les commandes : thé , café, chocolat, ou Limonetto pour les plus hardis.
Devant Virginie il est perplexe et interpelle le groupe :
‘’ indossa una cintura con rotelle o una gonna stretta ??? ‘’
Roméo se dévoue et décode pour la Miss :
‘’ Le monsieur se demande si t’as une ceinture gigogne ou une jupe rétrécie, parce que quand t’es assise on voit que tes cuisses et ton petit matos ‘’
Elle hausse les épaules, brutalise ainsi les mailles fort distendues de son caraco blanc, et commande un chocolat
Abélard intervient et lui dit : ‘’ pas de bra, pas de chocolat ‘’,
puis il montre à Tristan sur un papier arraché au set de table : 95c – 95c = 0 0
Tristan, benêt : ????
Yseut a compris, elle est en alerte, ses yeux se plissent en meurtrières, elle les épie.
Virginie en respirant trop fort vient de mettre à mal la cohésion hypothétique des deux côtés du caraco. L’intrépidité de trois boutons sur les six censés assurer cette solidarité vient de céder face à l’oxygénation extrême.
Tristan atterrit enfin, il fait un signe complice à Abélard, il a résolu son équation.
Les deux sourcils réunis de Yseut sont devenus une barre de seuil hersée, la colère l’envahit, elle décoche :
‘’ Tu veux mes lunettes ? ‘’
Tristan, vexé :
‘’ non merci, mais c’est sympa d’y voir pensé.’’
Yseut quitte la table en maugréant : ‘’ pas de forage ce soir ‘’
Virginie a déclenché les hostilités, le combat va être inégal et rude : 85b contre 95c, dur, dur.
Solidarité féminine, elle va devoir mettre au point une stratégie de neutralisation du boute-en-arrière-train avec les copines Juliette et Héloïse contre les appétits de la jeune ogresse si généreusement dotée par la nature.
Plus loin, Paul méduse Héloïse, il lui parle de chasse sous-marine et de son intérêt pour les raies.
Ses blagues ont la légèreté de blockhaus d’Omaha Beach avant le débarquement des alliés.
Avec sa chevelure paillasse, il fait un peu couleur locale, mais rétro, tel un personnage des contes des Mille et une nuits de Pier Paolo Pasolini, le régional de l’étape, mort d’une ingestion massive de pâtes bolognaises et de mozzarella.
En effet, il est là Wolfgang-Amadeus, venu livrer à Virginie la partition qu’elle lui a demandé :
Messe en rut majeur, car mineur c’est trop peu pour la donzelle.
Abélard qui vient de récupérer Juliette, furibarde, tente de la calmer lui parlant de Pythagore, Socrate et Platon, et particulièrement, avec ce dernier, d’envisager le trublion busté en vestale emplie d’amours platoniques.
Ignorant le matheux, Juliette pense plutôt à Archimède, et que tout corps aidé à enjamber le bastingage d’un ferry et plongeant dans la Méditerranée ne remonte pas forcément, surtout si, à l’inverse du théorème, on exerce la pression du haut vers le bas, ... une bonasse chez les bonites !
Les discussions sont animées, et plus apaisées, car Virginie, en mal d’affection, s’est absentée.
Elle veut entretenir Arturo de la Louisiane, de Baton Rouge, de la Fontaine de Trévi, de Fellini, et des nuits cabrées de Cabiria, dans l’arrière-cuisine de la caffetteria.
Ça promet d’être long, elle a bien connu un pizzaiolo et d’autres langues italiennes, mais pas l’italien de Savone ou de Marseille, ni le latin, il va falloir improviser.
Savone – dimanche
Savone fleure bon la bergamote, un peu moins les parfums divers d’amitiés complexes,
Les voitures des tifosi bruyamment fanfaronnent
Il est 11 heures 10,
l’aventure peut commencer ...
L'Appart'house - 2
YB
Savone – dimanche 12 heures
Virginie vient d’émerger de l’arrière-cuisine, caraco chiffonné, joues en feu, épis moissonnés, sourire aux anges, aux archanges, et à toute la communauté.
Arturo le tatoué la suit de près visiblement éprouvé par les palabres braisées à la calabraise.
Le ferry part dans deux heures, ils conviennent tous de se rendre au port, et se répartissent dans les voitures,
Virginie s’est assise dans celle de Roméo.
Soudain Abélard observe : ‘’ Roméo, ta voiture fume ! ‘’
Unanimement, les regards soupçonneux et réprobateurs convergent vers Virginie :
‘’ Virginie !!!!!! ‘’
Séant récemment arturisé, Miss Sissy Pee ne peut être en cause, elle râle fort justement.
La fumée émane du capot de Giulietta, la rouge, de métal, de loupe d’orme, et de plastique, pas l’autre Giulietta, l’aimée de Roméo, la bronzée, halée à Jacta Est, car Jacta Ouest c’est trop loin, et ‘’ Jacques ta g….. ‘’ c’est trivial, comme Jacques a dit.
Il faut réagir vite, le tatoué calabrais propose ses services. Il connaît le cousin de l’oncle du père d’un garde suisse du Vatican dont la femme a parmi ses amants un jeune méccanico, il leur dit :
‘’ se è un problema alla valvola nessun problema ‘’,
Roméo s’y colle : ‘’ s’il s’agit d’un problème de soupapes, pas de problème ‘’.
Il confie les clés de l’Alfa au musclé transalpin qui la lui promet en état de marche à leur retour.
L’incident est clos, ils sont huit, à répartir avec leurs bagages dans les trois voitures restantes.
En se dirigeant vers le port, ils se réjouissent des jours à venir, programment des activités, et devisent agréablement, en euros évidemment.
Savone – Le Port - 12 heures 20
Parvenus au port sans encombre, décombres, ou concombres, ils tentent de faire admettre au préposé à l’enregistrement qu’il manquera un véhicule sur les quatre prévus, et lui narrent les caprices mécaniques de l’Alfa.
Celui-ci, Sylvio Miro dit ‘’il Berlue’’ ou ‘’Buena fortuna’’ pour les dames, savonais bon teint, humoriste en devenir, et perplexe sur l’intégrité arturienne réplique familièrement :
‘’ Romeo probabilmente non lo rivedrai più la tua macchina rossa ‘’
Roméo grimace, son nez s’allonge comme celui du pantin de Geppetto, il décode pour les autres : ‘’ pas sûr que je récupère mon épave ‘’.
À moins que, pense l’outrecuidant, Virginie ne maintienne en apnée Arturo par téléphone avec le fol espoir pour le calabrais de compléter ses connaissances récentes sur la Louisiane et Bâton rouge à leur retour ?.
Titanico - 12 heures 40
S’étant munis préalablement de sandwichs et de boissons ils embarquent sur le ferry, le ‘’ Titanico ‘’, dont les moteurs distillent de subtiles fragrances de toasts calcinés à des cheminées dont la reconnaissance s’exprime en jaillissements de jolies microparticules, fantasques comme des lucioles folâtrant autour d’un bec de gaz, par une nuit sans lune.
Rassurant ! quelques marins arborent des tee-shirts Costa Concordia, du nom du maxi-bateau naufragé en 2012 pour avoir trop flirté avec les rochers de la côte, et dont le capitaine, Francesco Schettino, Crétino pour les intimes, fuyard plus rapide que les rats, purge une peine de plus de 15 ans de prison dans les geôles italiennes.
Voitures sardinées dans le ventre du bateau, ils se retrouvent bientôt sur les transats d’un des ponts pour se sustenter.
Elle vire Elvire, elle volte Margotte, Virginie virevolte sur le pont en faisant des sauts de cabris olés olés, particulièrement bien vus du ferry privé du char roméen.
Yseut zieute les zones très oxydées du bastingage susceptibles de servir ses desseins, noirs comme son Aubade 85b finement dentelé.
Déjà rigolards, les six autres fourbissent une galerie de portraits de passagers et s’accordent sur une première cible :
Une famille munichoise, les Messerschmitt, voisine de quelques mètres,
quatre membres, seize en tout, pas d'amputés.
Les citer tous serait long et fastidieux, voici, en résumé, ce qu’ils imaginent :
Gunther, le père, 45 ans, est un petit homme dodu : 1,65m, 80kg, (IMC : 29,4).
Il est mécanicien à la Luftwaffe et voulait piloter, mais il porte des petites lunettes rondes, carglassées récemment, sur un regard de taupe : l’animal, pas la Staatssicherheit.
Cet homme est effacé, très introverti, bavarois au teint de buvard peu bavard.
Le fils, Konrad 19 ans, Konard selon Abélard, est un jeune et grand adulte, bodybuildé façon Conan le barbare, pectoré et abdominé sévère, Ken, insuffisant très suffisant, blond aux yeux bleus, bon à rien, doté de bacchantes à faire fureur.
Le voyage Munich – Savone, 616 km chez Miche, l’un, 659 km chez l’autre, a miné le mini mignon minois minaudeur de Minna, 17 ans, sœur de Konard, Barbie sans Klaus, outrageusement peinturlurée.
Son fard, de la texture de son homonyme breton, sans les noyaux, a été appliqué à la truelle ou au couteau à mastic, puis solidifié avec une résine et un durcisseur chimique, et enfin poli au papier de verre 2000.
Rigoureusement infranchissable, c’est un écran total à l’indice n, dissuadeur d’UV, à rendre le soleil dépressif.
Elle est vêtue d’une sorte de donut assureur de flottaison en cas de naufrage.
Il surplombe un boxer sage, rose bonbon non comestible, et des jambes arquées, car elle fait du poney, bientôt du lad.
Après la pom-pom-girl, le pompon : Frau Hildegarde Messerschmitt, die mutter, 44 ans, très grande, 1,70m avant coiffure, 1,99m après, dépasse outrageusement et Gunther et le quintal (de 20 kg, IMC : 41,5).
Elle est surmontée d’une espèce hybride : une pièce montée choucroutée.
Il ne lui manque que des rondelles de salami en guise de pendentifs.
Son capilliculteur est Attila, cappadocien, collectionneur de nombres premiers.
Il bosse fort : coiffeur-charcutier-pâtissier, monteur chez BMW, et de madame, son maxi-loukoum, à mi-temps.
La pâtisserie orientale est mal emballée dans une robe noire à gros tournesols.
Fâchés d’être là ils font la tête et tournent le dos au soleil, c’est un désastre, une vision insoutenable, un chef-d’œuvre de mauvais goût, une authentique pièce de collection au Musée des apocalysmes.
Elle porte un sac béant, taggé grossièrement Hermès au crayon feutre.
Ses pieds sont boudinés dans des faux Louboutin vert-de-gris germain, et rouge mercurochrome, du 42/43, en bouteilles de plastique et cannettes de bière recyclées.
Elle n’est pas du tout hideuse FHM (eh oui, nous sommes devenus familiers !), bien au contraire, mais attifée de la sorte elle pourrait être Berthe, la Béru, la gravosse, la régulière de Bérurier, le complice de San Antonio, le commissaire dare-dare.
Elle est prof d’EPS dans un bahut allemand (210x86x43), après une formation au sein d’une armoire normande où, francophile, elle répétait sans cesse '' Dans quel état j'erre ? ''.
Les parents s’occupent ainsi et séparément :
Fuyant les manifestations exubérantes des thyroïdes hildegardiennes, Gunther Messerschmitt rejoint deux fois par semaine et le dimanche après-midi ses potes d’un groupe local tyrolien.
Il ioule, ou joue du tuba vêtu d’un short bretellé trop grand pour lui, en cuir épais, un vrai blindage.
Leur troisième mi-temps se termine toujours chez Heidi, une trentenaire autrichienne qui, à 14 mois, balbutiant ses premiers pas, est tombée dans un baril de bière ambrée dont elle respecte depuis rigoureusement la silhouette.
Pendant ce temps,
En écoutant les walkyries, et en éclusant quelques pintes du breuvage malté de la Hofbräuhaus am Platzl, la brasserie de Munich, colérique, choléstérolhystérique, en rogne, FHM vitupère, grogne, déchignonne, marmonne, cambronne et camerone (en souvenir d’un de ses ex, Diaz, légionnaire au Mexique)
‘’ Hildegarde meurt mais ne se rend pas ‘’.
Elle casse ongles et aiguilles sur un canevas supplicié représentant la prise de la Smala d’Abd-El-Kader par le Duc d’Aumale le 16 mai 1843, qu'elle destine à Atilla pour ses 29 ans, car, oui, Frau Hildegarde Messerschmitt est une cougar, gargantuesque de plus.
Hormis Konard le barbant , Ils sont malgré tout un peu touchants avec leurs tentatives maladroites et gauches de communiquer, ces teutons de Messerschmitt.
Convenant unanimement qu’il est bon de rire, mais peu charitable de se moquer, la Pléiade reporte son attention.
A deux pas de là, Éros est dans la place :
Un jeune couple, la quarantaine à eux deux.
Entre les amoureux de Peynet, et le baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau.
Beaux à sidérer.
Regards fusionnels, ils se siamoisent.
Ils ne se caressent pas, ils s’effleurent.
Leurs lèvres susurrent et vaporisent de délicats baisers de papillons.
Superbes et irréels, ils sont surement venus dans une sorte de fiacre capitonné, paré de velours, de satins, et de soies pastel, tiré par des chevaux ailés.
Ils auraient pu se rendre en Corse ainsi, entre ciel et mer, chevauchant leurs pégases.
Voulant s’interposer entre eux et le soleil, un jeune cumulus, teenager impertinent, a dû abandonner précipitamment, et faire demi-tour. Revanchard, il reviendra cette nuit, nimbusé cette fois, en harde, avec des potes.
Stupéfaite, devenue grave, Virginie a cessé de gesticuler, séduite elle aussi, un peu envieuse et triste, orpheline de souvenirs trop lointains.
Cette visible et soudaine fragilité la rend émouvante.
Attendrie, un peu gauche, Yseut claque spontanément un, puis deux baisers sonores et furtifs sur une joue humide et étonnée. Elle renonce, dans l’instant, à son funeste projet.
Il faut rompre, avec regret, au charme absolu des amoureux, le groupe cesse de l'observer.
Les affaires reprennent, des cris transalpins leur parviennent du quai,
Arturo est là.
Le calabrais agite frénétiquement , en guise de mouchoir, le minuscule textile, laissé dans l’arrière-boutique par Virginie, ce responsable de l’intérêt que portait tout à l’heure Gunther, Konard, et Héloïse, aux cabrioles du joli-potelé-petit-machin-sauteur.
Paul réagit et s’agite comme un sémaphore, il trépigne, il enrage, il hurle au roué, le tatoué : ‘’ Virginie, c'est ma moitié *, elle est à moué ‘’
ndlr : la recherche de la rime encombre, le p'tit bout ne faisant que 1.55m, ça met la part de Paul à 0.775m, c'est vraiment très peu, une ration de carême.
Puis :
Les sirènes retentissent.
Les moteurs vrombissent.
Le Titanico vibre et s’arrache.
Les cheminées panachent.
Les fumées farandolent.
Les microparticules fofollent.
La rime s’abîme.
et
Improvisée diva, au plus haut de l'étrave, les bras en croix, Frau Hildegarde Messerschmitt, l'unique, l'ersatz du bon goût, la daronne de Ken et Barbie, le Tyrannosaurus-baillon de Gunther le bigleux, la cougar, '' The FHM '', se prend pour la Castafiore ou Kate Winslet, sans Léonardo resté à Capri-Haut pour consoler Hervé Vilard.
Défaillantes périnéales, mouettes et sternes, en se marrant, transforment la choucroute en poulpe dégoulinant, bras infâmes et fouineurs affalés sur le masque du loukoum bavarois.
Roméo clame : ‘’ Arrivederci Arturo il tatuato, Sylvio il bunga, ... maledetta Alfa-Roméo e Italia ! ‘’
( Salut tout le monde, ... saloperie de bagnole ! )
Le sillage de Titanico écume et bulle, Savone va s’estomper, puis disparaître.
La Corse est à 6 heures, ils accosteront à Bastia vers 20 heures, ... à moins qu’un gros glaçon ... ?
L'Appart'house - 3
samedi 30 novembre 2024
YB
Titanico - Journal de bord - dimanche 15 heures
La mer s’est levée, propulsées par un fort vent les vagues assaillent les flans de Titanico par le travers.
Pas de problème pour Nemo, le capitaine, il en en a vu bien d’autres en plongée.
A midi, il a un peu abusé du Bourbon, du rosé italien, d’une roussette en matelote, et d’un jeune matelot.
Dans un moment d’égarement, il a songé à purger les ballasts, puis il s’est repris.
-
Sur le bateau, pas de panique mais un peu d’inconfort lié au gîte, certains sollicitent Eole, Neptune, et Poséidon, aux abonnés absents, avares de leurs oracles.
Les plus optimistes ont enfilé des gilets de sauvetage.
Évidence ergonomique, s'il le faut, Hildegarde Messerschmitt devra enfiler un zodiac dégonflé au préalable.
-
Tiens, justement, que deviennent t’ils les Messerchmitt ?
Le père et le fille, le timide et la nymphette, Gunther et Minna sont côte à côte, muets, barbouillés, renfrognés, un peu livides.
Le donut de Minna, minablement fait la gueule, logiquement il s’affaisse sur ses guiboles.
Konrad défrisé répète en boucle, et en français ‘’ méchante la lolo, méchante la lolo, méchante la lolo, ….. ‘’
Devenues indignes, les bacchantes du jeune teuton, dont les nausées abondent, ont fui toute superbe et renoncent à faire fureur.
Il a vomi par-dessus bord, mais face au vent, le futé !
Dans cet état, toujours bon à rien, il ne serait même pas caporal.
Elle n’a pas le mal de mer, Die mutter, un peu le mal d’Elmer, un routier british de Bristol exilé à Munich, amateur de choucroute en entrée, de pièce-montée et de schnaps au dessert, et de pousse-café FHM.
En manque d’Attila, elle reluque et lance des œillades meurtrières, canons-navaronés, à un mécano du ferry, Marco, fan de polo, au regard torve de méduse échouée sur un rivage emplastiqué.
Marco ressemble aux marins des pubs Gauthieriennes, ou à ceux de Cargo axelisé Bauer.
Il montre peu d’intérêt pour la pâtisserie germano-orientale et ses goûts de mécanique, il lui préfère visiblement Konard, le niais répétiteur, malgré les stigmates de ses haut-le-cœur.
-
Elle se tient un peu à l’écart du groupe, Virginie, sur un siège isolé.
Elle a tiré et assagi au maximum sa ceinture télescopique et a remplacé le fanion brandi comme un trophée sur le quai par Arturo par un léger (10 grammes à sec) mais presque sage couvre-séant.
Pensive et rêveuse, elle n’est visiblement pas remise du tendre spectacle de Touterelle et Tourtereau, le couple d’amoureux solaire et pégasien entrevu tout à l’heure sur le pont.
Miss Sissy Pee est très loin de la Louisiane et de Bâton Rouge, elle a même oublié le tatoué calabrais.
Ainsi dépourvu de nicotine et de goudrons, son tabac fleure bon les senteurs subtiles d’un parfum complexe et captivant.
Le p’tit bout était fort joli.
Beauté fragile, Virginie est devenue belle.
Une bouffée de tendresse, une forte envie de la prendre dans ses bras pour l’apaiser surprend le narrateur qui va devoir réagir et reprendre son propos.
Il se reprend :
La Pléïade va bien et échange agréablement, mais s’inquiète un peu du temps de voyage, car Bonifacio est à 3 heures de Bastia, et si le bateau ralentit à cause du temps ils ne seront pas à l’Appart’House avant minuit.
Colomba va devoir attendre, mais pendant ce temps elle aura tous loisirs de prendre son pied, et même les deux en cas de trio, avec Cesare, pion au Collège de Bonifacio, le Giuseppina, dédié à Joséphine d’un beau harnais dont Buonaparte malmenait les rênes.
Nemo et Flipper son second viennent de prendre une sage décision, les 6 heures initialement prévues devenues 8 heures en raison du temps, reportent l’accostage aux environs de 22 heures, ils vont donc faire installer le matériel nécessaire dans une grande salle pour la sustentation (en un seul mot) des passagers aux environs de 19 heures.
-
Entre-temps, lorsque le gîte devient plus fort :
Dans la soute, les pégases apeurés hennissent, leurs ailes se froissent, les chevaux-vapeurs s’entrechoquent.
Sur le pont quelques estomacs se soulèvent et garnissent de petits sacs distribués à la hâte, à la requête des déléguées du SMS.
SMS ?
La Compagnie internationale des mouettes et des sternes, la MMS (Major des Mouettes & Sternes) a créé le SMS (Syndicat des Mouettes & Sternes).
Les représentantes du syndicat ont piaillé, pépié pour les plus jeunes, becs et griffes, cette revendication :
Elles exigent de Nemo que les passagers, dont Konrad particulièrement, cessent de restituer par-dessus bord à la Méditerranée qui n’avait rien demandé, les restes des pizzas, de mozarella, et des pâtes de Savone, et redirigent leur rancœur digestive vers des sacs de papier prévus à cet effet.
Outre l’indemnisation de leurs frais de lavage et de pressing, elles réclament le nettoyage du bastingage et des flans du ferry qui en l’état nuisent à la qualité et à la dignité de leur représentation.
De mauvaise grâce, Nemo l’ex-sous-marinier déballasté, s’est exécuté afin d’éviter la désertion de la gent volatile, elle menaçait d’offrir ses voltiges, loopings, et autres prestations : arrosage de choucroute, maculage du pont et des passagers, etc., à la flotte d’une compagnie concurrente.
-
Titanico – dimanche 18 heures 50
Le reste de l’après-midi s’est déroulé sans encombre, la mer ne s’est pas plus durcie, à bord quelques anodines péripéties, mais tout va bien.
Il se confirme que le ferry n’attendra pas Bastia avant 22 heures, tout le monde se prépare pour le dîner offert par Nemo.
En se rendant à la salle improvisée resto, FHM a raté une marche de l’escalier, Tristan qui la suivait en tombant lui aussi est entré en collision avec le pétard bavarois, l'obsession attilienne, sans casque il semble un peu KO.
Yseut s’inquiète, se rassure, puis s’amuse en Vassiliuphile :
‘’ Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ? Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga ... ‘’
Pourquoi ?
Notre homme est un peu déboussolé par le choc franco-germanique.
Lorsqu’il s’exprime, le croquemort, le pompier de Paimpont, le compagnon de la marchande de filtres, la forée de Paimpont, il le fait en rime, pas en en alexandrins, mais en rime tout de même !
Stupéfait lui aussi, et réactif, le personnel improvisé serveur et cuistot vient de remplacer sur les tables les timbales rustiques par des verres à pied.
…
Plus loin, le drame, brutal, inouï, un hurlement walkyrien, guttural.
Peut-être émoustillée par la collision popotinée avec le français, Hildegarde est montée sur une table Ikéa.
Peu préparée à cette agression, celle-ci se retrouve en kit.
La pièce montée capillaire a heurté le ventilateur du plafonnier situé au-dessus du mobilier suédois.
Les pâles du ventilo, muées en redoutables armes, ont scalpé la frau et projeté des choux, façon profiteroles, tous azimuts.
S'il n'avait été arrêté, il aurait aussi produit des rondelles de loukoum.
Victimes innocentes, les convives qui n’avaient pu se protéger sont devenus des cibles.
Le spectacle est dans la salle, les bouches bées impactées ne béent plus, binocles et lunettes vont se faire carglasser, chevelures et vêtements se chocolatent et se caramélisent.
Un désastre, vous dis-je ! un incident diplomatique sans doute.
-
Tandis que nettoyage et préparation du repas s’activent, Tristan continue de griffonner fébrilement sur un carnet de voyage les rimes qu’il nous réserve.
-
à suivre ... semaine prochaine ... les tirades de Tristan ... le dîner ... l’arrivée à Bastia ….
-=-

L'Appart'house - 4
samedi 7 décembre 2024
YB
Titanico - 19 heures
Le Samovar
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Décidément, ce voyage qui devait être rapide devient une odyssée, sans Ulysse ni Pénélope, cette fieffée s...... retenue chez les Fillon par des travaux imaginaires.
Nouvelle péripétie, sans péripatéticienne :
Nemo vient de recevoir un appel de détresse :
A quelques encablures, le Samovar, trimaran d’une famille slave, est devenu ingouvernable, grand foc en vrac, et safran victime d’une jeune orque malicieuse, joueuse, et fan de crocus.
Un court et difficile dialogue s’improvise :
Balbutiant, le père : ‘’ … spi … casse … ‘’
Nemo plus disert : ‘’ Fin diagnostic soviet !, … on vous fait un signe, du zodiac ! ‘’
le russe : ‘’ Klass ! Tchouvak ‘’ (trop bien mec !)
… Quelques instants plus tard, ils sont à bord et se restaurent ...
Servi par Sidonie, en entrée, pour le soviet : suprême de homard et de rougets sur écume et lit de posidonies de la Mer Egée, tandis que la mère, Vania, périodiquement, s’abstient, victime de haut-le-cœur qu’elle tente d’apaiser avec du yaourt bulgare.
Ensuite, le père, Igor, a commandé du foie gras, les enfants, Alexei et Tatiana se gavent en cyrlllique d’entremets Francorusse tremblotants tels un séant germanique, sous les secousses marines.
…
20 heures
l’ex fief de feu ‘’ le petit caporal ‘’ approche.
D’ici peu, succédants au couchant cuivré, des halos généreux nimberont le ciel de Bastia, du maquis, et du reste de l’île.
…
L’arlésienne
-
Dans la salle démaculée des éclats pâtissiers de la Kasstafior, Tristan reprend le cours des choses.
Avisant une femme seule bâfrant à une table voisine, il s’en approche et la détaille :
Faciès de piano à bretelle, Carmen, arlésienne de 92 ans, 1/3 Marlène Dietricht, 1/3 Alice Sapritch avant Décap’four, 1/3 après, grosses lunettes à monture en écailles de tapir, fume-vaporette de 80 cm cerné par un noir grenat multicouches, jeans à trous qui ne devraient pas, baskets rose fluo à semelles surcompensées, sautoir à 6 rangs délabrés.
Sans vergogne, elle mate les jeunes hommes en dévorant une glace.
Les sens chahutés par Brian Ferry agressant la sono, la dame a une sacrée fringale.
Dénonçant un spectacle affligeant, Tristan lui déclare :
‘’ Par Georges bisée, et Don José culbutée,
chérie et rassasiée, vous fûtes.
Dévastés, gisants, les futes humiliés,
de leurs sols, inondaient les cahutes.
Ces futals délavés,
les Denim, les pattes d’eph’,
ont été suppliciés,
jetez-les, derechef !
Cachez vos strass et vos verroteries,
Carmen, faux-cils fossiles, rombière,
ce sont les fruits confits,
de la glace plombière.
Détournez vos binocles et lorgnons !
N’est point pour vous le cul des jouvenceaux,
ils sont attirés, fascinés les mignons
par le potelé, celui de la jolie Margot.
Puis il s’éloigne en souriant, soudain devenu barde :
‘’ … L'amour est enfant de poème … ‘’
…
Hamster drame
-
Décidément, les Messerschmitt font un raid sur l'animation du bateau :
Remontant de la soute où elle est allée chercher dans le break Mercedes familial un substitut au donut qui n’en pouvait plus, Minna a trouvé Frida, son hamster dame, ko, sur le dos, indécemment pattes en l’air sur la banquette plus civière que sofa.
A proximité, ... une seringue, … empoisonnée ... ?!.
Sa cage est une sorte de coffee-shop dont la porte est entr’ouverte.
Barbie n’a aucun doute, l’auteur de la tentative raticide, est son benêtissime jaloux de frère, il se double d’être un scélérat.
En larmes, Minna confie Frida shootée à l’infirmerie du ferry.
Tristan ne s’y est pas trompé, le responsable est clairement identifié.
Nestor et Hercule discutent de brexit, de spi russe et des oreilles de Charles, à une table voisine avec Sherlock et le toubib.
Il les interpelle, sans filtre :
‘’ L’heure est grave, messieurs :
un animal blessé gît à l’infirmerie.
En témoignent, de konard, les yeux,
montrent la perfidie.
Par une prompte enquête
que le félon, le coupable des maux
de Frida, l’animal sans quéquette
rapidement, soit remis au bourreau.
Que l’odieux, l’infâme, le balourd
jugé, sans appel, prestement, illico,
sur le pont, soit pendu, haut et court ‘’
Ainsi sollicité, le quatuor impromptu organise une filière et part à la recherche des bacchantes tueuses.
…
La Pléiade
-
Pendant que leur copain, le pompier pyromane, attise la salle en rimaillant, les couples se rapprochent, donnent parfois dans l’intime, et c’est touchant.
Paul s’est rapproché de Virginie, il a perçu son spleen et la cajole un peu, doucement, en esquisse.
Le pêcheur sétois a cessé de draguer pour apaiser sa douce, le rustaud verse dans la tendresse.
Héloise et Abélard sont visiblement complices, mais d’une complicité pimentée car, elle, a repéré une jeune italienne caliente qu’elle verrait bien dessert plutôt que son tiramisu.
Partageur et non jaloux, le civil et porcin éclésiaste est lui un peu rêveur, il revoit en pensée une soirée Erasmus où une jolie viking de Stockholm, Gertrud, incandescente allumette, faisait feu de tout bois.
Du groupe extrudée, Gertrud avait fini, chez eux, au Port Selenne de Sèvres, à Clisson, dans le lit conjugal, en toast doré à point, entre eux deux.
Alertée par leurs gémissements, Florence, la bigleuse, qui perçait ses boutons en regardant, seule, sans amant, le Manège enchanté, et la Guerre de Troie n’aura pas lieu sur la petite lucarne avait pu constater, effarée et envieuse, que ces trois-là n’étaient pas en guerre.
Juliette qui est prof de l’être à la Fac de Psycho de Nantes a cette fois des préoccupations bien matérielles, elle s’inquiète du sort de leur roméomobile et de l’intégrité de Arturo.
Escomptant toujours le concours fervent de Virginie au retour de leur séjour Roméo en hésitant un peu :
‘’ Peut-être que Virginie … au téléphone … Arturo ... l’espoir de .... ? ‘’.
Furieuse, Giuletta voit rouge.
Cessant un appel d’une amie de Sucé, là où elle habite, elle lui balance violemment à la figure une margherita esseulée qui dormait sur la table avec un : ‘’ T'es mac mec ? arrête ton mic-mac ! ‘’.
Honteux et défiguré, Roméo s’excuse piteusement, il racle son faciès en tentant de happer au passage quelques pétales caprobasilitomatofromagées de la margherita effeuillée.
Il tente une bise réconciliatrice mais reçoit une tarte vigoureuse de Juliette courroucée (en Guyane),
décidément ...!
-
Le coupable
-
La brigade internationale des quatre limiers ne cachent pas sa joie, elle a trouvé le responsable de l’agression de Frida,
c’est l’un des deux pégases.
Il vient d’avouer en se cachant sous une aile :
Irrité par les grignotements de la bestiole, il a demandé une seringue de somnifère équin à un véto, Reiner,
puis visant bien, décochant une ruade, il a projeté l’engin en direction de l’appareil génital de la ratte qui s’est dilatée, elle a fait une ovaire-dose.
Le grand niais moustachu n’est pas l’auteur du forfait, il va pouvoir sortir de la cale où il était aux fers.
Le pégase fautif sera privé de sabots, traîné sur la rocaille pour devenir poney, ou mieux encore, boudin-basset, isolant de bas-de-porte.
… … ...
Les anecdotes du bord ont fait passer le temps très vite.
21 heures 50
Le ferry ralentit, Bastia est là, à quelques encablures.
Les matelots s’agitent en tous sens.
Pris d’une joyeuse fébrilité, les passagers se précipitent vers leurs voitures.
Les portes grincent, les flans de Titanico flirtent avec l’onde bastiaise et les quais rugueux où des dockers musclés se préparent.
Enfin … la Corse … Bonifacio , l’Appart’house et Colomba dans 3 heures … les sourires se propagent …
la Pléiade est aux anges ... La véritable aventure commence !

L'Appart'house - 5
samedi 14 décembre 2024
YB
Bastia – 21 heures 10
Les adieux
-
Titanico régurgite le flot de voitures de ses entrailles ballonnées.
Quelques-unes s’arrêtent sur les quais, des passagers en descendent pour des adieux furtifs.
-
Tristan inflige aux naufragés slaves une ébauche de rimaille,
Douchka Vania, petit père Igor
bonnes vacances, et bon vent
Samovar, restauré et plus fort,
vous reviendra le trimaran.
Alexei et Tania bel et bon voyage
confiez pour nous à une jolie lettre
vos rires, vos désirs, vos images
de Voljski, … pas du Kremlin-Bicêtre.
-
La Pléiade approche la Mercedes bavaroise pour des congratulations et des échanges rapides.
Les Messerschmitt vont à Porto-Vecchio, pour deux semaines dans un hôtel de bord de mer.
Mère et fille sont émues,
Minna porte en bandoulière Frida, shootée, dans une chaussette trouée et malodorante de son frère.
Ce dernier, a fini par prendre des cours de polo avec Marco pendant qu’il était aux fers.
En guise d’adieux, le mataf fait mugir les sirènes du ferry pendant que Nemo a le dos tourné vers le dos fin de Flipper, son second.
Gunther se fout de tout ça, penché sur le capot de la voiture, il scrute la carte routière en pestant après ses lorgnons traumatisés des projections capillaires ventilocatapultées de sa régulière.
Dernières bises, souhaits réciproques de soleil et de plaisirs, … la Pléiade bondit vers Bonifacio.
-
C’est parti !
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La route est sans histoire, seule rencontre : des porcs sauvages font du stop et manifestent à l’aide de leur groin ou de leur tire-bouchon en guise de mimines.
Les mâles sont en haut-de-forme, redingote, et string léopard.
Les femelles portent des guêpières, des jarretières, et de petites culottes, rose léger, sans nitrite.
Les déléguées du PCF, Porcines et Cochonnes Fâchées , solidaires de leurs homologues continentales brandissent une banderole : ‘’ swing u vostru portu ! ‘’ (balance ton porc !).
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Après avoir témoigné sa solidarité avec les manifestantes, le Club des huit arrive enfin, tout schuss, à Bonifacio.
Minuit s’égrène du côté de l’église.
-
L’Appart’house – Colomba Vulcane
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Ils sont aux pieds de l’Appart’House, une très grande maison de trois niveaux dressée sur le front de mer, nichée sur un promontoire, seule, face aux îles Lavezzi, à la Sardaigne, et à son destin selon Anémone.
-
Juliette l’avait prévenue par texto d’une arrivée plus tardive que prévu, elle est là, Colomba Vulcane, au logis, sur le seuil, elle les accueille en déverrouillant son visage d’un léger sourire.
Elle est bien telle qu’ils l’avaient imaginée : petite trentaine, très belle, issue d'un croisement entre un ébénier et une maquisarde, passionnaria masquée, Colomba Vulcane est une ardente, un feu en devenir.
Dans le meilleur des cas, Cesare son canadair, doit être sur les genoux.
Plus vraisemblablement, il est alité, sous oxygène, en phase de récupération active, sans doute aux urgences, peut-être dans le coma, pronostic vital engagé.
S’il survit, leur prochaine rencontre ne pourra pas se faire avant une préparation intensive chez les paras du régiment de Calvi, avec prise d’EPO préalable, et mise sous attelle, 3 heures par jour, de sa virilité, pour éviter le plâtrage.
Ils sont sans doute amoureux, certes, mais leur relation est d’abord un défi physique, une performance extrême, susceptible d'homologation au Guinness Book.
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La visite
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Colomba fait visiter la maison qui dispose d’un immense séjour-salon, de cinq chambres, dont la sienne, et d’une très grande terrasse.
Les chambres sont spacieuses, mais la déco tartanée omnicolore est pesante,
les proprios juifs-écossais-pâtissiers, les McAaron, ont eu la main les deux mains et les bras lourds.
-
Au cours de la visite, Paul observe le buste de Napoléon : main planquée sous le gilet, il trône sur la cheminée.
Il s'exprime : ’’ Bonaparte manchot, c’est pratique pour l’hiver ! ‘’.
Piquée au vif, Colomba, revêtant sa tenue de combat, lui rétorque ‘’ Cane bastarda ! ‘’. (chien batard !).
Les femmes et Roméo :
‘’ ?!?!?! ‘’
Abélard surenchérit : ‘’ C’est un manchot empereur ! ‘’
En prose cette fois, le pompier de Paimpont, Tristan, homme de l’art, tique : ‘’ … pas la bonne région !! ... ‘’
Mauvaises vannes ... débuts pathétiques … secousse tellurique … éruption imminente … crime de lèse-empereur.,
Cette fois vulcanissime, prunelles kalachnikov, gueule longue de dix appendices cyraniens, joviale comme la retraite de Russie, Colomba enrage.
Elle bombarde de regards meurtriers les coupables pétrifiés.
Unanime, immédiatement, le chœur des femmes hurle :
‘’ nooooon, pas ça, Popaul,! si tu continues : muselière obligatoire, hors hommages à Virginie, ... les deux autres, surveillance accrue, ... quant à toi Roméo fait gaffe ! ‘’.
La passionnaria réagit bien à ce front féminin dont le réflexe salutaire éloigne pour le moment le risque vendettaire.
Les hommes, honteux et vexés font grise mine, alors que Paul, venant d’apercevoir, accrochées au mur les rênes du beau harnais de Joséphine s’autocensure avec regret.
De même, devant les commodités, en évitant de justesse Waterloo, il échappe de peu à la peine muselière, ... cet homme est en sursis.
-
Le festin
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Ils parviennent à la terrasse bordée d'ifs où les attendent, une piscine, des transats, et … ? ... un buffet dressé par Colomba sur une grande table ronde caressée par la lumière de photophores et de bougies tressautant sous la bise légère. De bleus éclats s’y mêlent, fruits délicats d’une lune généreuse.
Un buffet … ?!
Non…, … un festin, ... un festival gastronomique ... un menu de roi.
Obsédés du micro-onde, hérauts du surimi, chantres de la malbouffe, accros du surgelé, handicapés des papilles, bourreaux d’estomacs, buffalos grillés et McDominés,
jugez plutôt :
Au centre d’un environnement de kallistea violine sont joliment disposées des spécialités régionales :
Charcuteries : Coppa, lunzu, figatelli et prizutu,
Fromages : brocciu, fileta, tommes de chèvres et de brebis
Panu di i morti (pain des maures/ou des morts de Bonifacio) **
Confitures : châtaignes, cédrat, myrtille, clémentine, myrte, figues et noix, arbouse
Miel du maquis
Biscuits canistrelli
Muscat et vins rosés et rouges de Figari, Sartene, Ajaccio et Calvi.
** le pain des maures ou des morts est surnommé ainsi car sa consistance est censée permettre de résister à la fatigue lors des visites de cimetières de la Toussaint, à Bonifacio.
Une telle attention est superbe et confondante, Colomba s’est muée en Marraine, la fée de Cendrillon !
Un élan collectif et spontané essaime sur les joues de la corsette une salve de bises reconnaissantes.
Sidérée, un peu émue, elle se murmure : ‘’ Sò pazzi ma belli, questi strani ! ‘’ (sympas les barjots !)
Oubliés les en-cas de Nemo, odorats et papilles sont en alerte, les estomacs réclament, la bande se mobilise pour des instants mémorables.
L’hôtesse allait partir, ils lui barrent le passage et la maintiennent, assise à la table, sans avoir besoin d’insister.
Elle est promue reine de la fête, ... ils seront donc neuf à festoyer.
Au loin, Les halos de Sardaigne sont encore perceptibles.
A Cagliari, Olive et Oléine , un couple de sardes dînent à '' l’huile '', une petite boîte à succès.
Il est une heure ce lundi matin, il fait encore 28°C.
Dans cet air tiède, mais brûlant d'amitié, flottent des senteurs d’ifs, de cédrats, de maquis, et de figuiers.
Que ripailles et agapes commencent, la nuit ne fait que débuter !
......

L'Appart'house - 6
(11 janvier 2025)
...
Devant cette table si généreuse, les convives s’enthousiasment et font honneur aux victuailles.
Les verres de rosé frais, se vident aussi vite qu’ils se remplissent.
Paul se distingue, il ne mange pas, il s’empiffre, il ne boit pas, il se noie.
Malgré la tentation, il reste cependant assez lucide pour ne pas décocher quelques blagues iconoclastes et triviales, et ainsi éviter la sanction du musellement.
Les autres ne se font pas prier, les plaisanteries fusent, la joie est collective et la table se dégarnit rapidement.
Impossible de résister à ce climat amical, et l’alcool aidant, Colomba s’est franchement détendue.
Ses esquisses d’amabilité crispées lors de la visite ont laissé place à de larges sourires qui illuminent ses yeux d’agate noire.
Elle est devenue loquace, en répondant à quelques questions, elle estompe la liesse ambiante en faisant quelques confidences difficiles.
-
Son père était un militant du FLNC (Front de libération nationale corse), canal historique.
Il a participé à des plastiquages contre des édifices publics, mairies et recettes des impôts, et des résidences secondaires dans lesquels il y a eu 2 morts et des blessés.
Condamné à 15 ans de réclusion criminelle, il est depuis enfermé aux Baumettes à Marseille
Il a tenté par trois fois de s’en évader, et, blessé deux gardiens lors de ses tentatives.
Jugé à nouveau, sa peine s’est commuée en 20 ans incompressibles, et il est maintenant dans un QHS (quartier de haute sécurité) dont il ne sortira que pour ses 75 ans
Sa mère a quitté l’île avec son amant, un restaurateur de Bonifacio, ils ont repris un établissement à Eze, cité médiévale sur les hauts de Nice et de Monaco.
Elle-même ne fait pas de politique, elle pense que la Corse pourrait être indépendante, mais qu’elle a besoin des subventions et des avantages fiscaux de Bercy pour soutenir son économie.
-
Afin de reprendre le cours joyeux de la soirée, et pour clore le repas elle propose une liqueur espagnole, la Cuarenta y tres, la liqueur 43, aux couleurs de miel d’acacia ou de blés mûrs.
-
Tristan qui s’était mal remis d’un choc franco-germanique sur le ferry et sous l’emprise d’effervescences uvales alterne rires idiots et répétés et regards intéressés sur le décolleté peu cachottier de la corsette non corsetée, sa voisine pyromane, le pompier est en feu.
Plus loin, Yseut ne semble pas très inquiète et feint de s’intéresser aux propos de Paul, le pêcheur-plongeur-sétois pour rendre son homme jaloux..
Comme il l’avait fait, sans succès, avec Héloïse, il lui parle des raies, de leurs ondulations sensuelles, de leurs accouplements, … sur un malentendu … ?!
Virginie et Roméo échangent quelques blagues, lui a renoncé à la subornation de miss Sissy Pee pour régler ses problèmes mécaniques.
Juliette et Abélard font des TP, ils tentent un rapprochement entre la psycho et les maths.
Héloise, la kiné, malgré quelques brumes éthérées se verrait bien prodiguer à Melle Colomba Vulcane, les massages secrets qui lui ont permis de fidéliser une partie de sa clientèle.
Le bain de minuit
Tristan émerge et cesse ses ricanements.
Maintenue par une pompe à chaleur, l’eau de la piscine est à 29°C, il propose un bain de minuit académique
Ils n’ont pas de vis-à-vis.
Seule devant eux, à une vingtaine de kilomètres, la Sardaigne semble s’être endormie. A Cagliari, Oléïne et Olive doivent faire de la mise en boîte.
Les autres hésitent un peu de peur d’effaroucher Colomba.
Celle-ci comprenant leur gêne quitte la terrasse sans toutefois paraître le regretter.
Abandonnant frusques et oripeaux, la pléiade s’écume et se perle dans un plongeon collectif.
La lune généreuse participe activement à leurs jeux de ballons et aux ondulations des corps nus.
Surprise !
Entrant sur la terrasse Colomba avance, un peu timidement, en évitant les zones trop éclairées des lieux.
Elle ne parvient pas à le faire vraiment, et lorsqu’elle passe dans la lumière, le paréo vaporeux et léger qu’elle porte révèle une fort jolie silhouette.
Encouragée discrètement à les rejoindre, elle se décide, et avant d’emprunter l’échelle, le paréo, ravi de l'occasion, rejoint la mosaïque bleue de la piscine, découvrant un corps parfait.
Aucune marque de maillot ! … visiblement, Colomba est une disciple du soleil et de la nature, et il le lui rend bien, ainsi ambrée, elle ressemble à Mélissa, la métis de Julien Clerc.
La piscine est devenue une sorte de théâtre aquatique où évoluent et valsent cinq naïades très différentes, mais toutes belles dans leur nudité.
Les quatre mâles enfiévrés sont les spectateurs privilégiés d’un adorable spectacle.
Paul, particulièrement, se verrait bien déroger à la règle implicite de la pléiade :
ce sont tous des couples libres mais cette liberté ne peut s'exercer au sein du groupe au nom de leur amitié.
Roméo, Tristan, et Abélard se raisonnent mais leurs regards fascinés par les ondines nues témoignent de leurs fantasmes contenus.
-
… Il est 3 heures, ces instants magiques vont devoir s’arrêter car après la liesse et la détente, la fatigue commence à se faire sentir.
Certains d’entre eux sont partis très tôt et sont depuis plus de 24 heures sans sommeil.
Le repli ver les chambres prélude à un repos salvateur.
Il est peu probable qu’en ce reste de nuit elles résonnent des sons amoureux de leurs échanges intimes.
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Lundi 11 heures
Ils sont tous réunis autour de la table qui cette fois leur propose, thé, café, miel, confitures, beurre, viennoiseries et confitures, et … Efferalgan ou Doliprane.
Paul semble en avoir particulièrement besoin, il est hirsute, peu lavé, mal réveillé, et à chaque martèlement dans les tempes il rentre la tête dans les épaules en grimaçant.
Il ressemble à un bouledogue miro qui aurait pris de front une porte vitrée après une course folle.
-
Les McAaron
La sonnerie retentit ?!
Sur l’écran vidéo de la domotique, elle aperçoit les propriétaires.
Les McAaron sont dans la place, ils n’avaient pas annoncé leur venue !
Le groupe goutte assez peu cette visite inopinée du proprio.
Très loin de l’entente cordiale, leur accueil est glacial.
Les présentations sont vite expédiées.
L’importun s’explique, Ils sont venus pour la journée afin de les rencontrer, les bras chargés des productions McAaroniennes.
Ils sont partis hier de Glasgow et ont passé la nuit à Figari, ils ont récupéré leur Bentley au garage de l’aéroport où elle est parquée à l’année, et stationnée en ce moment devant l’Appart’House.
Abélard s’exprimant au nom du groupe précise que leur séjour n’est que d’une dizaine de jours, qu’ils ont programmés beaucoup de loisirs et d’activités, et que déjà, ce matin, ils allaient partir au marché, projet auquel cette visite ne leur fait pas renoncer.
Il est très tenté d’ajouter qu’ils sont tous diabétiques, et particulièrement allergiques aux sucreries écossaises.
-
Murdoch McAaron , la cinquantaine, est un juif-écossais boulanger-pâtissier à Glasgow, Edimbourg, Aberdeen, et Dundee.
Personnage rubicond et grossier étalant outrageusement son train de vie et son autosatisfaction, sa chemise au crocodile ne peut contenir un ventre répandu sur le canapé où il est vautré.
Ainsi étalé, il pourrait illustrer une variante du haggis, … la panse du bélier farci.
S’il est traditionaliste, cet homme, en kilt, doit être une monstruosité, une valeur-étalon de la disgrâce.
Outre qu’il est braillard et grossier, il est visiblement paillard, et le front de sa compagne doit ployer sous les attributs boisés d’orignal ou de caribou
Dans ses arrières-boutiques, il doit étendre son goût du pétrissage aux mitrones, peut-être aux mitrons.
Il lorgne complaisamment sur les cinq jeunes femmes, cinq, car Colomba qui visiblement ne l’aime pas, est également présente.
-
Iona est beaucoup plus jeune que le mâle, environ 35 ans, plutôt jolie, elle a dû recevoir du soleil de petites tâches ocrées qui ne laissent aucun doute sur sa nationalité.
Son physique avenant est gâché par une robe jaune longue avec de grand revers sur un torse en liberté qui mériterait beaucoup mieux.
C’est une personne très aimable, no british, elle parle presque sans accent un français très correct hérité de quelques années universitaires à Lille et Paris.
L’intérêt de sa conversation contraste fortement avec les borborygmes murdochiens.
Que fait-elle avec cet homme obséquieux ?
-
Paraissant désolée, elle a bien compris qu’ils n’étaient pas les bienvenus et qu’il fallait substituer très rapidement les sièges en cuir de la Bentley au canapé de la terrasse.
-
C’est chose faite, ils s’en vont, et lui, très contrarié, a repris les paquets de pâtisseries qu’il avait amené.
Il est furieux et grommelle ‘’ damn frog eaters ‘’ (damnés mangeurs de grenouilles).
La pléiade se détend à nouveau et achève rapidement le petit-déjeuner.
En route pour le marché de Bonifacio !
… à suivre ...

L'Appart'house - 7
(18 janvier 2025)
......En se rendant au marché, sans voiture car il est très proche, la bande se défoule joyeusement sur le dos du scottish Murdoch McAaron qui doit en ce moment rager dans sa Bentley noire dont il voulait faire essayer les sièges de cuir fauve à quelques-unes de ces dames.
Le marché de Bonifacio
Dans l’air déjà tiède du sud de l’île, les étals de charcuteries et de fromages exhalent des odeurs particulièrement apéritives, différentes, mais denses comme celles d’un marché africain.
Les stands d’herbes aromatiques et de primeurs participent à l’atmosphère en le pigmentant de jolis éclats de couleurs fusionnant avec ceux des vêtements bigarrés qui pendent sur les portoirs des vendeurs de vêtements.
FHM, le retour
Au cours de leurs emplettes, dans le brouhaha ambiant, un accent guttural domine, et ils s’en rapprochent, Juliette tend l’oreille : ‘’ On dirait FHM ?! ‘’
En effet, un périscope de U-boat chevelu émerge du flot des clients du marché, et la raucité d’un français saccadé bien identifiable se fait entendre.
Ils se dirigent vers l’épicentre de la tornade, les munichois sont là, et Hildegarde est en grande conversation avec un marchand de vêtements, elle veut acheter un bermuda à son petit homme.
Les forces conjuguées de la munichoise et du vendeur ne parviennent pas à convaincre Gunther qui ronchonne, il n’a pas envie de quitter le jean éculé qu’il porte.
Visiblement , elle est très énervée, pour peu, elle filerait des claques à son avorton bésiclé.
Le groupe les rejoints et leur arrivée fait une joyeuse et bruyante diversion.
Spontanément ils échangent quelques embrassades et se questionnent mutuellement.
-
Les Messerschmidt ont passé une seule et courte nuit dans l’hôtel qu’ils avaient réservé.
Celui-ci n’accepte pas les animaux, et Frida le hamster n’a pu franchir la porte, Mina a dormi tant bien que mal avec elle dans la voiture.
Tôt ce matin après s’être fait rembourser difficilement leur acompte par une direction peu amène, ils ont migré vers le sud, au village naturiste de la Chiappa où se trouvent certains de leurs amis teutons.
Ils sont seuls, le frère, et la sœur qui récupère de sa nuit de garde auprès de l’animal supplicié mais convalescent, sont restés au village.
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Visiblement enjoués de la rencontre, ils avisent tous un copieux et attractif étal de fruits de mer.
Un mareyeur de l’étang de Diana vend des huîtres et des crustacés sur lit de glace dans des caissettes isolantes, leur fraîcheur évidente les rend irrésistibles.
Ils s’installent autour de petits guéridons prévus à cet effet et entreprennent rapidement d’extraire les mollusques de leurs nids nacrés et de décorseter les gambas.
Accompagnés de petits pains et de beurre locaux, agrémentés de cédrat, et arrosé d’un excellent rosé frais, ces fruits de mer sont un régal, la dégustation est un moment délicieusement partagé.
Gunther commence à se détendre derrière ses binocles, il esquisse même quelques sourires, en ânonnant quelques mots d’un français rustique, seule Hildegarde participe à la conversation.
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Constatant que cette dégustation prend des allures de déjeuner, Paul suggère d’appeler Colomba pour qu’elle se joigne à eux.
Non loin de là, elle faisait quelques approvisionnements pour le dîner, elle acquiesce et les retrouve avec un plaisir bien visible.
Chemisier azur échancré, short en daim très ajusté, façon Sylvana Mangano dans '' Riz amer '', souriante et fraîche comme la rosée du matin malgré leur courte nuit, elle impressionne Gunther et le plonge dans un abîme de perplexité, il se murmure :
‘’ Wie finden diese Franzosen all diese Kanonen? ‘’
( comment font-ils les français pour trouver tous ces canons ? )
Paul la regarde aussi, avec convoitise, sans être au FLNC, Colomba est une bombe, et Cesare, son copain, un sacré veinard, doit avoir des talents d’artilleurs.
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Les discussions vont bon train, et ils échangent sur leurs projets respectifs.
Pour la Pléiade, ce sera :
les îles Lavezzi, plongée et chasse sous-marine, dont apprentissage pour certains d’entre eux, plages de Palombaggia et de Tahiti, Sardaigne peut-être, Porto et Calvi, soirée théâtre, improvisations, surprises, jeux, etc,
Le programme est copieux et ces vacances vont sans doute passer très vite.
Les bavarois décontenancés par leur éviction de l’hôtel ont dû modifier le leur.
Ils vont sans doute adhérer à la Deutsche Militärorganisation qui prévoit entre autres et chronologiquement à partir du lever à 6 heures :
douche : 10 mn, petit-déjeuner : 20 mn, footing : 1h30, re-douche : 5 mn, câlins optionnels dans le maquis : 8 minutes, re-douche : 5 mn, re-câlins, si possible : 5 mn, re-re-douche : 5mn, re-re-câlins 5 mn, infirmerie 2 heures, etc.
Programme enchanteur, les Messerschmitd vont s’éclater !
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En aparté, gentiment moqueur, Abélard met en garde Hildegarde, sa forteresse capillaire pourrait ne pas résister aux assauts des nombreux vents corses parfois violents :
U Maestrale (Mistral), U Tramontana, (Tramontane), Grécale (vent N-E), U Levante (Levant, vent d’est), )
U Punente (Le Ponant, vent d’ouest), U Sciroccu (Sirocco, vent S/SE), et enfin U Libecciu (Libeccio, vent SO).
Ils sont tous susceptibles de déclencher des précipitations et des rafales pouvant atteindre 120/130 kmh.
Hildegarde sourit aimablement à la vanne, et muni de ces informations, le couple allemand repart, sur une promesse :
se revoir, au moins une fois, pour une soirée, une demie-journée, une journée peut-être ?
Nouveau plan
Restés seuls, ils peaufinent leur plan, et conviennent rapidement que les navettes à prendre vont constituer un vrai budget et rigidifier leur emploi du temps, l’idée germe collectivement :
Il faut louer un bateau !
Paul, en tant que professionnel, dispose du permis mer côtier et hauturier (> 12 milles marins, soit 22 km - mille : 1852 m), le permis hauturier qu’il est le seul à posséder parmi eux va être nécessaire s’ils veulent aller en Sardaigne.
La décision est vite prise : location d’un zodiac de bonne capacité, 10 personnes, pour la durée du séjour.
Parqué dans le port de Bonifacio, il va modifier et bonifier considérablement leurs loisirs en leur donnant plus de liberté, dont celle de laisser les voitures au garage de l’Appart’House.
Abélard, homme sérieux s’il en fut, observe que le budget va éclater, mais qu’après tout, la vie est trop courte et l'occasion trop belle …... OK collectif pour le plan !.
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Elle s’est mise en retrait, Colomba.
Discrètement, un peu gênée, elle ramasse son cabas de provisions, et amorce un départ.
Virginie et Héloïse l’arrêtent, elles ont vu la tentative et feignent de ne pas comprendre :
‘’ Où pars tu ? ‘’
puis sans attendre la réponse,
‘’ On t’embarque, tu es invitée, tu seras matelote ‘’
Très émue par la proposition, la jolie corse leur saute au cou, saisie d’une joie enfantine, le regard perlé.
Dîner puis bain de minuit ont modifié son statut dans le groupe, il vient d’évoluer de la matérielle intendance en début d’une belle amitié.
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Après l’épuisement d’une seconde bouteille de rosée et une nouvelle tournée de gambas, il faut passer aux actes, et se rendre à Porto-Vecchio pour louer le bateau et se fournir en matériel de plongée et de chasse sous-marine.
Retour à la maison, embarquement dans deux de leurs voitures, dans 28 km et 35 mn plus tard, ils seront dans la cité, chez un loueur et un vendeur de matériel subaquatique.
Sur la route, se remarquent certains les panneaux routiers victimes des instincts guerriers de compatriotes de Colomba, ils sont truffés d’impacts de balles, certaines les ont traversés.
Arrivés sur le port ils fondent sur leur cible : une moyenne surface de louage et de vente de matériel.
Une heure plus tard, après avoir harcelé un vendeur ravi de les voir partir, car ils ont négocié durement les tarifs, ils sont en possession pour 10 jours d’un zodiac Medline semi-rigide de 6,80 m, d’un moteur Mercury de 150 cv, de 2 nourrices, de masques, de tubas, de palmes, de fusils, et de filets.
Le lecteur de CB a crépité, la carte bleue du compte commun créé pour ces vacances est incandescente, il faut abonder sensiblement au budget.
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Paul ramène le bateau par la mer au port de Bonifacio avec Virginie, les autres reprennent les voitures.
Rendez-vous à la maison, au bord de la piscine.
( à suivre )

L'Appart'house - 8
(25 janvier 2025)
lundi – 17 heures
Quelques instants plus tard, ils se retrouvent tous à l’Appart’House, sur la terrasse ensoleillée où 33°C se sont installés durablement, conviés par un soleil radieux.
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Chargés comme des sherpas du Tibet, Virginie et Paul arrivent avec masques, tubas, et ... un filet bien rempli.
Ils racontent :
En quittant Porto-Vecchio, ils ont installé à l’arrière du Medline deux lignes de traîne armées pacifiquement de mitraillettes munies de leurres.
Trois sars et deux dorades royales s’y sont fait prendre et ont voyagé ainsi, non clandestins, reposant ouïes et nageoires dans la glacière du bateau.
Le bail des cinq locataires marins s’achèvera ce soir sur le grill du grand barbecue à gaz trônant ur la terrasse.
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Paul propose que l’après-midi du lendemain soit consacré à la plongée en apnée, dans les eaux peu profondes des rivages de Bonifacio.
Si la plupart d’entre eux est habituée à cette pratique, Abélard, Yseut, et Roméo sont plus frileux, voire réticents, Paul va devoir être pédagogue pour exorciser leurs craintes.
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Autour de la table où ils se rafraîchissent et se restaurent un peu, ils écoutent le sétois, nimbé de sa soudaine importance, prodiguer quelques conseils liminaires :
Découvrir le milieu marin lorsqu’on est encore au bord de l’eau afin de s’y habituer progressivement.
S’approprier le port du masque, des palmes, et des ceintures de plomb.
Réguler sa respiration à travers le tuba.
Ne pas se hyperventiler avant de plonger.
Garder suffisamment d’air pour expulser l’eau du tuba après la plongée.
Utiliser des balises de surface pour se signaler au trafic.
Etc.
Les 18 x 6 mètres de la piscine toute proche se prêteront aisément à l’exercice collectif.
Ils vont tous au frais,
les poissons au frigo, la pléiade masquée-tubée, dans la piscine.
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L’entraînement se déroule sans problème, les néophytes se rassurent.
Tout va bien, … mais …
pour les hommes, la mise en œuvre des conseils de Paul est perturbée par le spectacle cruellement ravissant de cinq sirènes masquées dépourvues de textile et d’écailles.
Ils font l’apprentissage de l’ivresse des grandes profondeurs, … dans 2,5 mètres.
Même agitée par leurs évolutions, l’onde masque avec peine leur spontanée et virile émotion.
Elles sont très différentes, mais les naïades ont en commun d’être belles, ainsi perlées de seules gouttes comme habit de lumière devenu un écrin.
Le soleil qui pourtant en connaît un rayon doit être admiratif, envieux, jaloux, ou … fou de rage.
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Le dîner
Colomba a levé les filets des poissons, et préparé une ratatouille avec des légumes d'été :
courgettes, tomates, aubergines et poivrons, de la Balagne et du Cap Corse, régions de maraîchage.
Sur un fond généreux d’Oliu di Corsical, l’huile d’olive de Corte, elle a ajouté des rondelles de cédrat, des herbes aromatiques, un peu d’ail, et du piment d’Espelette.
Les filets sont sur le grill, la ratatouille mijote, et ça fleure déjà très bon !
Ils sont tous attablés devant des verres de Cap Corse Mattei, vieilli en fût de chêne, à base de muscat du Capicursu, d’oranges macérées, de plantes du maquis et de quinquina.
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Il intrigue ses amis, Tristan, le breton, le pompier de Paimpont, l’homme aux pompes funèbres, l’amateur du philtre de sa forée, gentiment éméché, il fouraille sa tignasse.
Repris par le syndrome du ferry, l’effet post-traumatique du choc franco-bavarois, Il griffonne frénétiquement quelques rimailles sur un carnet à spirale dédicacé.
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Le barbecue vient de rendre son verdict, les filets de poissons sont fins prêts, et son couvercle délivre la cocotte qui n’en pouvait plus de contenir tous ses parfums.
Ils assaillent délicieusement les narines réceptives dans la tiédeur du soir.
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La table est rapidement dressée, le rosé emmailloté de froid est de sortie, le repas peut commencer.
Le silence qui règne est éloquent, le dîner est apprécié, seuls quelques gloussements et manifestations de de délectations se font entendre.
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Héloïse et Roméo se soustraient un temps au plaisir de leur assiettée, et s’adresse à Paul,
‘’ ça t’es venu comment cet amour de la mer et de la plongée ? ‘’
‘’ de mon grand-père paternel ‘’
‘’ pas de ton père ? ,’’
‘’ non, il nageait comme un fer à repasser ‘’
‘’ Vas-y, raconte … ‘’
Sans être taiseux, Paul n’est pas très disert, en principe, il parle peu de lui.
‘’ d’accord, je vais essayer de faire court,
Ce sont mes grands-parents paternels qui ont été mes vrais éducateurs, leur couple m’avait vraiment pris en affection, et s’occupait beaucoup de moi, scolarité, centres d’intérêts, musique, etc.
Mes parents étaient aux abonnés absents, mon père ne m’aimait pas, ma mère un peu, mais comme un chiot bâtard.
J’ai donc passé beaucoup de temps avec mon grand-père qui est devenu récemment octogénaire.
Pour mes 18 ans, il y a 20 ans, il m’a offert une semaine au Centre de voile et de plongée des Glénans, un archipel dédié aux activités nautiques au large du Fouesnant, en Bretagne.
Nous y sommes donc partis tous les deux et ça a été super, on a alterné tous les jours voile et plongées, en apnée, et en bouteilles, avec des encadrants qualifiés, très sympas.
Au cours de veillées de feux de bois sur les plages, certains délivraient de leurs étuis les guitares pour accompagner de vieux chants marins traditionnels.
J’y ai bien décoiffé une Concarnoise qui s’est fait re-décoiffée par un instructeur plus baraqué que moi ‘’
Colomba pouffe discrètement, mais Virginie, Abélard, particulièrement, puis les autres se marrent :
‘’ Le début d’une longue carrière ... môssieu le tombeur ! ‘’
Un peu vexé, cet homme est susceptible, ... Il continue malgré tout.
‘’ … après ce stage j’ai pratiqué régulièrement la plongée, de plus en plus à l’aise sur des spots des P.O., de l’Héraut, et des calanques de Cassis.
Deux ans plus tard, pour mes 20 ans, mon grand-père m’a proposé une dizaine de jours de sessions de plongée à Dakar, au Sénégal, exclusivement en apnée, avec chasse aux capitaines, raies pastenagues et barracudas, etc.
Ça a été fantastique, beaucoup de plongées, mais peu de chasse, les encadrants cherchaient principalement des barracudas, et nous on en avait un peu peur, certains barras faisaient jusqu’à 3 mètres et pesaient au moins 50 kilos.
Mon grand-père connaît Dakar, il y a fait son service militaire pendant 11 mois en 63/64, il y est arrivé le jour de la mort de JFK à Dallas, le 22 novembre 1963.
Pendant 2 jours on a visité le village artisanal de Soumbedioune et la Médina, Saint-Louis, Rufisque, N’Gor, Thiès, Kaolack et la Casamance et puis l’île de Gorée et la maison des Esclaves, un enfer absolu. ‘’
Il s’arrête, son émotion est perceptible.
Les autres, gentiment moqueurs : ‘’ Y a un cœur sous tes pecs ? ‘’
Il reprend,
‘’ En fait, la maison des esclaves était une des étapes du triangle d’ébène avant l’abolition de l’esclavage en 1848. Femmes, enfants, et hommes étaient aux fers dans des cellules de 2,60m x 2,60m, on y parquait dans des conditions inhumaines jusqu’à 20 personnes. Les plus résistants ont survécu mais il y a eu beaucoup de morts de maladies : paludisme, fièvre jaune, septicémies, ou asphyxie.
Au fond de la maison une ouverture donne sur la mer, c’était le passage vers le ponton et les barques qui emmenaient les esclaves aux bateaux qui les convoyaient comme du bétail vers l’Europe ou les Amériques.
Parmi les armateurs négriers, il y avait des nantais.
Peut-être vos ancêtres, Héloïse et Abélard ? ‘’.
En saluant son respect de la mémoire, et après lui avoir répondu en souriant que le trois-mâts dont ils ont hérité est ancré, en ce moment, sur un plan d’eau de la Sèvre, les Clissonnais sollicitent Colomba pour une conclusion légèrement alcoolisée de ce très bon dont il la remercient.
Elle leur apporte des liqueurs : Limoncellu, cédrat, myrte et mandarine, elles connaissent un vif succès.
Puis,
Certains suggèrent mollement un retour à la piscine, mais il est près de minuit, et d’autres semblent plus déterminés à vérifier l’étanchéité acoustique des murs de leurs chambres, ce sont ces derniers eux qui l’emportent.
Après embrassades et souhaits, ils se quittent ainsi, cheminant vers tendresse et câlins, et leur intimité.
A moins qu’elle ne soit rejointe par Cesare, et comme elle a l’écoute fine, il se pourrait fort bien que Colomba éprouve beaucoup de difficulté à connaître l’apaisement, cette nuit, dans les bras de Morphée.
( à suivre )

L'Appart'house - 9
(01 février 2025)
mardi 10 heures
Devant thé, café, et chocolat fumants, et viennoiseries odorantes à souhait, ils sont tous attablés et discutent de l’organisation de la journée dont l’apothéose devrait être la plongée sous-marine cet après-midi.
Fins prêts ?
Pas tant que ça !
Comme prévu, la nuit a été chaude, à la fois dans l’atmosphère et pour les êtres.
Les ébats et les tendres complicités de chacun des couples, et quelques traits tirés en témoignent.
Seule Colomba, un peu à l’écart, n’est pas à l’unisson, le pion n’a pas honoré son jeu de dame, Cesare n’est pas venu.
Qui a-t-il damé ?
ou bien selon une hypothèse avancée précédemment,
n’est t’il pas en soins intensifs, voire à l'agonie, après leur fougueuse rencontre de dimanche soir ?
-
Elle a passé une très mauvaise nuit, la corsette est manifestement frustrée.
Même feutrée, la contribution sonore des câlins aux rumeurs de la nuit était suffisamment perceptible pour la maintenir éveillée.
Ne cessant de se retourner dans son lit et de chiffonner ses draps vexés, vers 3 heures du matin, elle est allée chercher dans la piscine un apaisement à sa fièvre.
Elle y est restée longtemps, allongée sur la mosaïque tiède, nue, son corps brun insolent cajolé par la lune affectueuse, puis elle s’est endormie, ainsi dans la nuit tiède, le silence revenu.
-
Héloïse et Virginie auxquelles rien n’échappe se sont rapproché d’elle pour la dérider avec quelques mots aimables, mais sans y parvenir tout à fait.
Elle reste éruptive, et pour ne pas la perdre, Cesare va devoir revêtir sa tenue, modèle Haroun Tazieff, pour éviter un séisme.
S’il la voyait en ce moment il se précipiterait, le regard brillant et aimanté, les sens en feu.
Elle est vêtue du petit short-étui en daim de la veille, et d’un top blanc dont les mailles distendues peinent à contenir et à masquer son buste généreux et délicieusement turbulent.
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Au cours du repas de salades, de charcuteries, et de fromages qu’elle a préparé, Colomba s’est finalement décrispée, elle participe à la joyeuse ambiance qui règne sur la terrasse.
Le club des huit lui confirme, si besoin en était, qu’elle fait partie de la fine équipe de plongeurs et néos-plongeurs de l’après-midi, elle acquiesce avec un plaisir discrètement évident.
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Paul s’est ravisé, et plutôt que les rivages de Bonifacio, il a opté pour la plage de Carataggio que les locaux surnomment '' Tahiti-beach ''.
Située à 3 km au sud du village de la Chiappa, là où résident les Messerschmit, elle n’est pas facile d’accès par les voies terrestres, une demi-heure de marche dans les petits sentiers griffants du maquis.
Par contre, en venant de Bonifacio par la mer, le zodiac a réduit le trajet à une simple formalité.
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Ils débarquent masques, tubas, et palmes et s’installent sur la plage, comme d’habitude, à distance des autres occupants, familles et couples naturistes, et quelques non-naturistes, les textiles.
Paul renouvelle les quelques conseils énumérés la veille, en insistant particulièrement pour les néophytes sur la découverte du milieu.
Ça va être facile, la plage est en pente douce sur une vingtaine de mètres, les fonds de 10 à 50 mètres et plus ne commencent qu’au-delà.
L’eau est à 28°C, elle ne nécessite aucune protection thermique, ni les textiles superflus qui jonchent les serviettes de bain .
Tout est réuni, go !
Cette première séquence est réussie sans problème, les nouveaux ont observé consciencieusement la phase d’apprentissage, les plus expérimentés ont déjà approché les premières profondeurs.
Paul, le pro, et … Colomba qui n’en finit plus d'étonner, évoluent avec une aisance de gracieux petits cétacés.
Caressé par les ondes, le corps de la jolie corse, luisant et dépourvu d'écailles, est émouvant en diable, un petit chef-d’œuvre d’érotisme et de sensualité.
-
Après ce premier entraînement, ils reviennent sur la plage et échangent leurs premières expériences.
Paul émoustillé par sa compagne de jeux la questionne :
‘’ tu plonges souvent ? ‘’
‘’ Assez, oui … et puis j’ai vécu à Porto-Vecchio avec un plongeur et chasseur sous-marin pro, il a été lauréat de quelques championnats ‘’
Paul, inquisiteur, non dépourvu d’arrière-pensée :
‘’ c’est du passé ? ‘’
‘’ Oui , j’avais 18 ans lorsque on s’est connus, lui huit de plus, on est resté ensemble trois ans, et puis il a écouté le chant d’une sirène-cougar ‘’
-
Abélard évoque ses sensations subaquatiques :
‘’ Je pense que sous l’eau on ré-éprouve des sensations fœtales, la propagation et la tonalité des sons sous-marins ranime peut-être nos souvenirs intra-utérins, notre mémoire primitive ? ‘’.
Les cinq femmes paraissent plutôt d’accord avec ‘’ The Prof ‘’.
Lui est happé par l’attraction volcanique de Colomba, Paul n’a aucune envie d’y réfléchir,
et il le fait savoir :
‘’ Abélard, tu nous gonfles, … colles tes neurones dans la glacière, … nos femmes sont belles, … il fait beau, … la mer est chaude, … on est en vacances, … on va replonger tout à l’heure ! ‘’
il se marre :
‘’ on trouvera peut-être des morceaux d’ombilics, ou de placentas ! ‘’
Puis il observe parmi les bateaux ancrés le curieux manège d'un catamaran qui ne cesse de tirer sur son ancre.
-
Il se jette à l’eau, se porte à la hauteur de ‘’ Beatrix ‘’, le bateau perturbateur.
Il s’adresse aux occupants, un homme d’une cinquantaine d’années, et trois bimbos sévèrement bustées en micro-nano-bikini qui se font brunir sur le roof.
Sans perdre de vue les bronzées, c’est pour lui inévitable, il demande au skipper :
‘’ vous parlez français ? ‘’
L’homme auquel il s’adresse, et qui acquiesce est un hollandais grassouillet et chauve, une chaîne dorée sur le torse, un gros Havane à la bouche, des lunettes miroirs, et un bermuda orange auréolé de sel, il ressemble un peu à Murdoch McAaron.
Aussi attrayant que le scottish, c’est un concentré de mauvais goût et d’auto-suffisance, il doit considérer les passagères comme du cheptel.
Paul poursuit :
‘’ En tirant sans arrêt sur votre ancre, vous laminez les posidonies, elles absorbent des gaz à effet de serre et sont nécessaires à l’équilibre des écosystèmes. ‘’
Le batave colleté et bagousé, à l'aise comme un microbe dans un bouillon de culture, parle un français suffisant pour comprendre le message.
Agacé il répond :
‘’ Y en a plein, on ne doit pas leur faire beaucoup de mal, laissez-nous tranquilles ‘’
Paul s’énerve :
‘’ Si chaque propriétaire de bateau tenait le même raisonnement, les champs de posidonies seraient dévastés, et la faune les déserterait ‘’.
Puis, observant que le bâfreur d’Édam et de dames porte des jumelles au cou, et un appareil photo en bandoulière, il décide de le mettre en garde :
‘’ ici vous n’êtes pas au spectacle, respectez les gens, … Il faut partir, … d'ailleurs, regardez, d’autres personnes me rejoignent ‘’
Effectivement, alertés par le comportement du glouton et porcin batave, plusieurs nageurs arrivent, déterminés, peu amènes et … dissuasifs.
Le hollandais cramoisi, visage croûte de fromage écarlate, a compris, les bimbos remettent un semblant d'ordre dans leurs micros-ficelles, il lève l’ancre en grognant, vexé et rageur.
-
Pectoraux saillants, et démarche chaloupée façon Bébel, fier de son efficacité, Paul rejoint ses amis qui discutent en se dorant.
Il leur propose de reprendre les plongées, ils acceptent avec enthousiasme.
Tout le monde se remet à l’eau, avec de plus en plus de hardiesse, les quelques peurs initiales ont été effacées par la beauté du spectacle offert à la fois par la faune et les jolies naïades.
Les séquences submarines se succèdent, avec entrain.
-
Le compagnon de Virginie est allé chercher son fusil, sa ceinture de plomb, et le filet, car il a vu quelques beaux sars et des dorades royales.
Pour peu que les sars daignent être à portée de fusil, leur vie devrait s’achever sous son trident, les mains expertes de Colomba, et le grill de la terrasse.
Quelques dizaines de minutes plus tard, c'est chose faite, la glacière est garnie de quelques kilos de locataires en fin de bail, le dîner est assuré.
-
mardi - 19 heures
L'heure du départ a sonné.
Riches du plaisir de ces instants subaquatiques, Ils se préparent à une belle soirée.
Elle sera animée sans aucun doute, et Tristan qui n'a cessé de griffonner quand il était au sec va sans doute y participer.
(à suivre)

L’Appart’House – 10
samedi 8 février
Mardi soir – 20 heures
-
En cuisine, Virginie et Abélard aident Colomba à la préparation du dîner composé des poissons chassés par Paul cet après-midi.
Comme la veille, le joli bourreau lève les filets innocents qu’elle destine au bûcher-grill de la terrasse, ils seront accompagnés de piperade basque.
Dehors, devant la piscine, en mode super-oisiveté mâtinée de dolence, affalés dans les fauteuils, les six autres partagent, devant moult rafraîchissements, impressions sur l’après-midi écoulé, et suggestions de programmation pour les journées à venir, avec quelques lueurs de pertinence, et une évidence …
le temps passe très vite !
-
L’orage
Au sud-est, entre la Sardaigne et les îles Lavezzi, le ciel s’est obscurci d’une escadrille fort nourrie de cumulonimbus lourds de menace orageuse.
Les vents viennent du sud, il est assez vraisemblable que de vrais éclairs prennent le pas sur les fulgurances narratives de Tristan, et que de réels coups de foudre se substituent violemment aux émois colombesques de l'après-midi de Paul.
Effectivement ... mues par des vents soutenus, les premières rafales arrivent.
L’orage est là et de grosses gouttes tièdes folâtrent bruyamment sur la terrasse provoquant un repli stratégique vers la pièce de vie, sous l’œil ironique du buste du manchot Empereur.
La mer s’est diamantée de l’impact des giboulées de grêle qui crépitent aussi dans la piscine.
Le fort contraste du ciel torsadé d’anthracite, d'ocre, et de grenat, avec la surface de l’onde brillante et claire compose un éventail turbulent de superbes images.
-
Un cri dans la cuisine !
A la vitesse de l'éclair, c’est d’actualité, et n’écoutant que ... son courage, Paul se précipite au secours de Colomba, dépitée, les bras ballants, le matériel a fait un four, sans électricité il ne fonctionne pas.
Pas de lumière non plus dans les autres pièces, l’orage a dû assaillir avec succès le transfo voisin.
Sur la terrasse inondée, le barbecue dégoulinant est inserviable.
Le repas en cours de préparation va converger vers le frigo.
L’intervention sur ce transfo étant subordonnée à la vitesse d’exécution des hommes de l’art, des locaux, la panne va être durable, sans doute toute la nuit.
Ce soir, ce sera dînette … à la bougie !
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Il ne manque rien à ce dîner improvisé, les ressources copieuses de la cuisine en salades, charcuterie, fromages, et boissons sont largement suffisantes pour combler papilles et estomacs, et émécher et rendre facétieux quelques esprits.
L’aimable assemblée se fait fort bien à cet impromptu, elle s’en amuse et ripaille en s’accordant sur le fait qu'elle s'ajoutera au patrimoine, déjà bien garni, de leurs souvenirs.
Par contre, la défaillance des lumens en écourtant leur soirée va contrarier leur projet initial de match de water-polo dans la piscine, il va falloir le remettre.
Ils se quittent ainsi, munis de bougies, de chandeliers pour les plus chanceux, sur des souhaits mutuels de chaleureuse et bonne nuit.
Il n’a pu y résister, Paul vient de demander à Colomba :
‘’ as tu peur de l’orage ? ‘’
Elle feint de ne pas entendre, confortée en cela par le regard de Virginie offensivement dissuasif, et animé terriblement par les flammes de son candélabre.
Sans tendeurs de fusil, les yeux de Miss Sissy Pee, décochent des flèches aussi rapides et acérées que celles du fusil du sétois, elles font mouche.
Penaud, l'obsédé trublion l’accompagne vers la chambre conjugale transformée vraisemblablement, au moins pour cette nuit en … '' hôtel du cul tourné ''.
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Mercredi matin – 10 heures
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La terrasse a remis son habit de lumière, et comme la veille, la table regorge de viennoiseries et de douceurs, ils bâfrent et profitent.
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Colomba propose de se réapprovisionner en légumes et œufs frais chez sa grand-mère maternelle qui habite à une trentaine de minutes sur les hauteurs de Porto-Vecchio.
Délaissant le zodiac, redevenus terriens, ils s’engouffrent dans deux de leurs chevaux vapeurs qui n’avaient plus été sollicités depuis leur arrivée.
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Colomba’s grandmother
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Au bout d’un chemin de chèvres où les sabots des mécaniques hennissent de douleur, ils parviennent à une vieille masure dont les seuls voisins sont les ronces, les taillis, toute la flore du maquis, les cochons sauvages, et quelques scorpions et reptiles.
La vieille dame est sur le seuil, prévenue de leur visite, elle essaie vainement de sourire, ... peu douée pour l’exercice, elle y renonce.
Elle dévisage les nouveaux venus avec un air d’huissier de justice, un jour de saisie difficile.
Réprobateur, son regard dévisage Paul, sorte de Brice de Nice cheveux paillasses, et les cinq femmes estivalement et court vêtues.
Elle fixe obstinément le chemisier entr’ouvert de Colomba en y cherchant les quelques traces de textiles qui la rassureraient sur les mœurs de sa petite fille, mais elles n’y sont pas.
Elle ponctue l’examen en grognant un :
‘’ Tutte puttane ‘’, explicite.
-
L’hôtesse, Leria (Comme un aigle, en latin) n’a pas usurpé son prénom.
Malgré ses 75 hivers, elle n’a jamais eu de printemps, elle doit être une sorte de rapace aux griffes encore acérées, le grand-père de Colomba a dû mourir lardé, puis dépecé.
Losqu’elle se soucie, très peu, d’être civile, son visage tanné en se déplissant montre des sillons clairs et fossiles visiblement orphelins des rayons du soleil depuis fort longtemps.
Son aire est à son image, vieille masure d’au moins deux siècles, au sol pavé de dalles grossières, et au confort rustique : lourde table assortie de bancs, auge en granit transformée en évier, balayette et seau percé, et ... une grande cheminée où on pourrait faire disparaître … un mari, ou un opposant politique, par exemple.
-
Le Landru juponné s’est muni d’une carafe, sans serpents, ni crapauds, mais pleine d’un breuvage dont la couleur ne requiert pas l’assentiment collectif.
Les verres douteux dans lequel il est servi sont peu rassurants.
Le goût est cohérent avec l’ensemble, le mélange amer et très oxydé est innommable !
Les faces brunies des convives pris en otages se rembrunissent, les sourires se meurent aux oubliettes, le liquide infâme vitriole et radiographie les tubes digestifs … sale moment ! .
Colomba très gênée par cette joyeuse ambiance décide de l’écourter.
Elle remplit deux paniers d’œufs, de tomates, d’aubergines et de légumes d’été divers et remercie sa plaisante aïeule.
En l’embrassant, ou presque, sa grand-mère lui donne une bouteille dont elle lui dit qu’il s’agit d’un vin de noix et d’herbes du maquis de sa composition à servir en apéritif, car il titre au moins 18°.
Ils quittent le circaète corse en le remerciant pour son accueil, chaleureux à l’envi.
-
Sur le chemin du retour, Colomba étant dans l‘autre voiture, Tristan exprime des doutes sur le contenu de la bouteille.
Victime du syndrome Capulet, il se lâche un peu :
‘’ Elle a dû empoisonner son mec, et elle veut recommencer avec son apéro, la taulière ! ‘’
Forte de son expérience en philtre, Juliette, la môme poison, lui répond :
‘’ t’es parano, Tristan, il s’est peut-être enfui, ou mort de façon naturelle, épuisé par les galipettes de son bourreau ailé ? ‘’
Il fait des efforts surhumains pour imaginer Léria en bombe sexuelle, nymphomane, ou maîtresse SM, mais il n'y parvient pas, le pompier de Paimpont.
Compte-tenu de l’expertise de sa douce, il cède à l'hypothèse, et l’ébauche de discussion s’achève.
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L’Appart’House est très proche, ils arrivent, garent leurs destriers d’acier et de plastique, et se retrouvent sur la terrasse.
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Réunis sur la terrasse devant un cocktail préparé par Colomba, ils mettent au point leur programme immédiat :
Cet après-midi :
Après un passage préalable à la pharmacie afin d'y acquérir des baumes pour les séquelles de l'infâme mixture de la harpie du maquis,
plongées dans les criques des alentours, et visite de courtoisie, éventuellement, aux Messerschmidt à La Chiappa.
Ce soir:
Soirée théâtre au théâtre municipal de Bonifacio
Une compagnie d’Ajaccio se produit dans l’unique représentation de ‘’ l’Hypocondriaque ‘’ qui semble être une adaptation du ‘’ Malade imaginaire ‘’ de Jean-Baptiste Poquelin.-

L’Appart’House – 11
samedi 15 février
Abélard commence à prendre des habitudes de chefaillon, il va falloir le raisonner.
Il fait remarquer que le séjour s’achèvera le mercredi suivant, les activités de loisirs devront cesser la veille, alors qu’ils ont prévu Palombaggia, les Lavezzi, la Sardaigne, la Chiappa, etc.
Petit électro-choc pour les convives auxquels cet heureux début de séjour donnait à penser qu’il serait sans fin.
La prise de conscience est collective, elle génère une réaction commune :
‘’ … et si on restait quatre jours de plus, jusqu’au dimanche ? ‘’.
Les deux profs ont des assistants, les autres pensent aussi que la prolongation ne leur pose pas de problème.
Par contre Juliette évoque la difficulté de l’entreprise :
‘’ Encore faut t’il que McAaron accepte, et qu’il y ait des places sur le ferry ? ‘’
Colomba la rassure sur ces deux points :
‘’ Il a des oursins dans les poches, juif écossais, c'est un vrai rat, l’appât du gain sera supérieur à sa rancœur, et il n’y a pas de location avant le mois prochain, … pour le ferry, pas de problème, en cette saison le taux d’occupation n’est que de 80 % ‘’.
Il a tort de s’approprier la remarque, car ça concerne tout le groupe, Paul vient de se ragaillardir, car elle ajoute aussitôt et presque timidement qu’elle redoute un peu le moment de les voir partir.
Roméo, très discret dimanche matin lors de leur visite intempestive est désigné volontaire pour la négociation avec les proprios, et les modifications des dates d’embarquement.
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Repas et palabres terminés, ils se rendent tous au port pour embarquer à bord du Medline, le zodiac.
Il n’attendait que ça, malmenant ses amarres .
Comme d’habitude Paul est à la manœuvre, il les emmène cette fois vers le sud-ouest de l’île, au pied des falaises et des grottes.
Les premières plongées sont un peu frileuses, car à la différence de Tahiti-Beach, la déclivité est importante, et les superbes images du bord font assez rapidement place à l’unique vision zoomée de leurs corps sur un univers bleuté, sans relief visible, … vertigineux !
Paul s’y aventure un peu, mais les autres, prudemment, reviennent vers les grottes dans un environnement jade et turquoise, ornant les ondes cristallines.
Ils changent de lieux plusieurs fois pour échapper aux navettes du port dédiées à ces visites, et fuir les photographes amateurs de sirènes.
L’après-midi se passe ainsi, à la découverte de plusieurs endroits superbes, où ils côtoient de près la faune et la flore subaquatiques.
Les fusils restent à bord, les lieux sont pour la plupart des réserves marines où seule la plongée en apnée, moins intrusive, est autorisée et encadrée, la chasse y est interdite.
Bienfaits de la mesure, les petits mérous aux lèvres lippues rencontrés témoignent de l’activité sexuelle respectée de leurs géniteurs.
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Ils reprennent la direction de Bonifacio vers 18 heures, ce soir il y a théâtre, et les salles d’eau vont être fort occupées par de superflus préparatifs de beauté.
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Avant le dîner qui va suivre, Colomba propose de goûter au contenu de la bouteille confiée par la harpie du maquis ce matin.
Cette fois, le breuvage est excellent, sorte de bitter très puissant, noir cassis, avec quelques notes fleurées et de réglisse persistantes, Léria, la grand-mère de Colomba, amorce un retour en grâce, elle revient de loin.
Les craintes affichées par Tristan dans la voiture n’étaient pas fondées, à l’évidence, la mixture de l’aïeule n’a rien d’un poison.
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Le dîner se passe rapidement, puis les cinq femmes sont allées se munir de jolies bimbeloteries, et de robes longues, colorées, et vaporeuses.
Les accompagner pour la soirée va être un privilège.
Elles sont radieuses, … et reviennent hilares de leurs dressings,
les hommes semblent pris également de fous-rires assez incontrôlables.
C’est ainsi que, gaiement, bras dessus, bras dessous, ils parviennent au théâtre municipal, croisant des groupes de gens joyeux mais bizarres, aux airs de conspirateurs.
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Surprise !
Sur le parvis,
deux tourtereaux enlacés, et des pégases, dont un estropié, attelés à un fiacre dont le cocher est un laquais en livrée.
Ramassé sur l’assise, c'est … Gunther Messerschmidt … ?! ,
un cappadocien déguisé en derviche tourneur, Attila, avec à son bras ‘’ die diva ‘’ qui fanfaronne et s’égosille, dans la place qu’elle entend bien occuper, … Hildegarde Messerschmidt … ?! ,
Konrad est là lui aussi en culturiste latexé, accompagné du cop des ‘’ Village people ‘’,
à l’entrée du théâtre, Mina en tutu et ballerines rose fluo distribue des tracts de l’association ‘’ Frida ‘’ pour la défense du hamster.
La caissière, Alice Sapritch, leur remet en guise de ticket des os de seiche qu’elle poinçonne avec l’extrémité incandescente de son fume-cigarette.
The trip !
D'étonnement en sidération, les zygomatiques sont soumises à rude épreuve, le spectacle n’est pas encore sur scène, la salle est un brouillon bouillon de culture.
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En chantant ‘’ si j’avais un marteau ‘’, Claude François a cassé une ampoule électrique.
Maladroit et peu chanceux, en la remplaçant, il vient de customiser en linceul sa salopette Super Mario.
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Salvador Dali s’imagine dans la gare de Perpignan où il contrôle l’horaire de trains pour Gerone et Cadaquès.
Sur sa Rollex dégoulinante, il constate à son bras la fuite du temps avec effroi, car il attend depuis très longtemps Gérard Lanvin dont il adore les chocolats.
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Un Playmobil, intégralement nu, chante à tue-tête, ‘’ La Paloma ‘’, pour la fille du maître,
c’est MM, Mireille Matthieu, frétillante, elle pose pour Pablo Picasso.
A contrecœur, démuni de modèles, l’espagnol se résout à en faire l’unique demoiselle d’Avignon.
Il lui colle des seins partout, des ronds, des en poire jeune, des en poire blettes, des vrais et des faux-fuyants.
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Deux hommes affables, Esope et La Fontaine sont en grande discussion avec Sergio Léone et Jean-Louis David, pour le scénario de ‘’ Le thon, la pute, et le merlan ‘’.
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Tino Rossi a une crise de schizophrénie, il se prend pour Jean Gabin dans ‘’ la bête humaine ‘’.
Il court en faisant tchi-tchi et en demandant, à la volée, ‘’ Marine est là ? ‘’
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La Pléïade, la vraie, est là, et Du Bellay et Ronsard visiblement éméchés viennent de se tourner vers les nouveaux arrivants.
Fascinés, ils matent à mort les femmes resplendissantes dans leurs habits de lumières.
L’un leur propose d’aller voir les roses, l’autre plus hardi leur parle de toisons.
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Peut- être est-t-il 22 heures ?
Quasimodo, le directeur du théâtre vient faire une annonce inattendue :
‘’ L’Hypocondriaque ‘’ est injouable, la majeure partie de la troupe est malade ou indisponible.
En outre, Jean-Baptiste Poquelin est à l’ouest, une bouteille à la main, complètement bourré.
William Shakespeare, à dû y goûter aussi, il ronfle actuellement dans la cage du souffleur d’où il devait assurer la mise en scène.
Le constat est sans appel, la représentation est impossible.
Pour apaiser le courroux de la salle, Quasimodo demande à Esméralda de faire un strip-tease.
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Torride ... !
Elle se produit lentement et lascivement en fumant des gitanes auxquelles elle substitue ensuite des havanes de dimensions respectables, dont la bague constitue sa seule dérisoire et intime protection.
Trop fragile, et peu cooperative, celle-ci finit par se soustraire à l’exhibition.
Pour achever son numéro, Esmeralda, courbée, pose maintenant en ‘’ Origine du Monde ‘’.
Elle est magnifique !
Subjugués, les VIP présents le montrent par des applaudissements nourris.
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Jalouse, Mireille Mathieu, veut monter sur scène, toujours nue, pour y représenter une arche de l’ancien Pont d’Avignon .
Par bonté d’âme, et selon de justes critères esthétiques, Picasso cherche à l’en dissuader.
N’y parvenant pas, alors qu’elle s’élance vers la scène, l’ibère lui fait un croc-en-jambe.
La tête de ‘’ Mon credo ‘’ s’encastre dans un strapontin.
Plus de peur que de mal, MM se relève.
Pas de mal ? …, un peu quand même,
elle se prend maintenant pour Edith Piaf et chante ‘’ Johnny tu n’es pas un ange ‘’ et ‘’ L’homme à la moto ‘’ à Jean-Philippe Smet en Harley au Palais de papes, tandis que David sonne (lol, pas indispensable, mais ça me fait plaisir !).
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Le flot d’images sidérantes commence à se dérober devant leur fatigue, ils sont harassés.
Colomba, Héloïse, Yseut, Virginie, Juliette, Tristan, Roméo, Paul, et Abélard s’endorment.
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Jeudi 3 heures
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Dans la loge, un à un, ils commencent à bouger, puis ils se réveillent.
Ils sont seuls.
Le théâtre est vide, les quelques lustres encore allumés témoignent que tout est en ordre. !?!
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Tristan émerge un peu plus vite que les autres,
il reprend son dada, … la bouteille de la grand-mère … ?? ... ?? … of course !
Fébrile, et fier de sa trouvaille, il questionne ses amis … sidérés ... ils ont vécus les mêmes scènes !
Plus aucun doute, ... il y avait un philtre dans le harpie’s apéro.
Visiblement Colomba n’était pas au courant, mais elle adhère à la conviction collective,
Léria s’est occupée de leur soirée.
Par contre, elle s’est trompée dans les ingrédients ou le dosage,
si elle pensait la pourrir, c’est raté, bien au contraire, hilarante, elle va forger des souvenirs.
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En quittant le théâtre, ils observent que l’affiche de '' L'Hypocondriaque '' est traversée par un bandeau rouge d’annulation.
Juliette propose que tout à l’heure, au petit-déjeuner, ils fassent l’inventaire de leur trip.
En attendant, un peu de récupération s'impose !
(à suivre)
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L’Appart’House – 12
samedi 01 mars 2025
jeudi matin 10 heures
Débriefing
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Il fait déjà très chaud ce matin, mais les esprits sont clairs.
Tous attablés devant leurs viennoiseries et boissons, ils revisionnent les séquences étonnantes et drôles de la soirée théâtre.
Rien n’y manque,
Claude François en Super-Mario défunt, Dali et sa montre molle, Picasso et Mireille Mathieu en play-mobil vautrée nue dans les allées, les fabulistes, le rital et le coiffeur, Ronsard et Du Bellay, Tino Rossi à l’ouest, Molière et Shakespeare fins saouls, et Esmeralda torride posant pour Gustave Courbet.
Une question commune les taraude, comment tout cela a t’il été possible ?
Certes, il est maintenant admis que le breuvage de la satanée Léria est en cause, mais comment celle-ci y a t’elle associé un tel pouvoir de suggestion ?
Abélard décide de ramener un échantillon de l’élixir pour le faire analyser à la Fac de Sciences à son retour.
Observant que le volume restant dans la carafe est suffisant pour une deuxième tournée, il propose de renouveler l’expérience, un soir, sans sortir, au bord de la piscine, par exemple.
Tout le monde accepte avec enthousiasme.
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Palombaggia
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Les salades, charcuteries et fromages du déjeuner qui suit sont absorbés assez rapidement, car à suivre, Palombaggia les attend pour un après-midi nautisme et plongée.
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Située au Sud-est de l’île, et proche de Tahiti-Beach et de la Chiappa, Palombaggia selon l’avis général est l’une des deux plus belles plages de la Corse.
Le sable très fin y est pratiquement blanc, et l’eau, incroyablement translucide.
Le site est comparable aux Caraïbes, aux Seychelles, ou aux Grenadines.
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Vingt minutes après le départ de Bonifacio, le zodiac atteint la rive de la plage.
Elle n’est pas trop fréquentée pour le moment, ils s’installent à distance d’autres vacanciers.
Le lieu est mixte, naturiste et textile, et la cohabitation s’y déroule en bonne intelligence.
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Il faut très peu de temps pour que tout le monde se retrouve à évoluer dans une eau cristal et tiède, 26°C, corps bronzés caressés de lumière réverbérée par le sable et l’onde.
Avant de repartir pour plonger, cette fois, ils investissent leurs serviettes où les gouttelettes s’évaporent rapidement.
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Naturisme
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C’est alors qu’une femme qui les observait depuis un moment se dirige vers eux.
Brune d’une quarantaine d’années, sourcils froncés en ordre de bataille, maillot de bain noir une pièce des années 50 auquel il ne manque qu’un col roulé, elle est véhémente,
‘’ Vous n’avez pas honte ? ‘’
La soudaineté de l’attaque, et sa brièveté déclenche un éclat de rire collectif,
Après avoir requis l’assentiment du groupe, Abélard prend la parole,
‘’ Eh non, madame, comme vous pouvez le voir nous n’avons pas honte d’être nus au soleil, bien au contraire, se déshabiller lorsqu’on est à la plage est naturel et légitime, et ici le naturisme est toléré, et visiblement bien vécu, ou presque .... nous sommes installés à près de 30 mètres de vous, à une distance que nous pensions respectable, … à tort ? ‘’
‘’ Ça n’est pas normal, il y a les enfants … ‘’
‘’ Quel âge ont t’ils ? ‘’
‘’ un garçon, 16 ans, et une fille, 14 ans ‘’
‘’ A moins qu’ils ne soient très introvertis, ils ont sans doute déjà évoqué le thème de la nudité avec leurs amis ‘’
Elle est outrée madame je-suis-comme-il-faut, mais elle s’est assise à quelques mètres, en fixant obstinément la mer, bien décidée à défendre ses chers petits.
Abélard reprend,
‘’ Je conteste la notion de ‘ normal ‘ telle que vous l’utilisez. Ce sont les sociétés latines qui ont fait leurs les dogmes religieux qui nient nudité et sexualité qui sont par ailleurs deux notions bien distinctes. ‘’
‘’ et pourquoi, d’après vous ? ‘’
‘’ Les organisations comme l’armée ou les religions ont érigé des règles comportementales strictes violant les libertés individuelles, pour mieux contrôler leurs membres. Selon elles, les êtres libres mettent en péril la stabilité de leurs institutions. Ces dogmes religieux absurdes sont devenus des sortes de conventions élargies abusivement à une société qui n’est pas exclusivement chrétienne, mais pluraliste. ‘’
‘’ abusivement ? ‘’
‘’ Oui, … abusivement ! issus de préceptes religieux, ils ne sauraient s’appliquer aux athées qui sont fort nombreux. ‘’
Madame bien-sous-tous-rapports s’est un peu radoucie, perplexe, vaguement intriguée,
‘’ poursuivez ! ‘’
‘’ A votre décharge, il n’y a pas assez de pédagogie autour du naturisme. Il est utilisé par les chaînes de la TNT comme vecteur d’audimat, et par quelques animateurs et humoristes qui en font des gorges chaudes. La référence à la section naturiste du Cap d’Agde, est intentionnellement déloyale, ce lieu est un site d’exhibitionnisme et de partouze. ‘’
Il poursuit,
‘’ En France, il y a environ 5 % de la population qui est naturiste, et au-delà des frontières du nord et de l’est, c’est beaucoup plus, de 10 à 25 % en Allemagne et au Bénélux. En Scandinavie le naturisme est endémique, la grande majorité des citoyens pratique de fait le naturisme, en Suède et au Danemark les plages sont toutes naturistes, quelques-unes seulement sont réservées aux ‘’ textiles ‘’. Les pays de l’est ont eux aussi des pratiques naturistes culturelles très anciennes … La Croatie foisonne de lieux naturistes, etc. ‘’
il ajoute,
‘’ Nous ne faisons pas d’angélisme, mais le naturisme est un mode de vie qui se soucie du contact intense avec la nature et de la qualité des rapports sociaux. Dans les camps naturistes il y a respect et entraide naturelle et spontanée, les enfants y sont en sécurité. ‘’
il termine,
‘’ pardonnez-moi, mais il me semble que les gens hostiles au naturisme parlent de leurs peurs ou de leurs fantasmes. Ils solidarisent à tort nudité et sexualité, même si la nudité favorise beaucoup les relations intimes, il n’y a pas d’automatisme. Quitte à vous surprendre, lorsque la nudité est habituelle, elle est légèrement désérotisante comparée aux situations classiques de jeux érotiques intégrant l’abandon progressifs de vêtements et sous-vêtements. ‘’
Cette fois, madame est pensive, révisera t’elle, un jour, sa manière de penser ?
Elle se lève sans précipitation, amorce un sourire, et prend congé en leur souhaitant un bon après-midi.
Abélard la rappelle,
‘’ Pourriez vous demander à votre compagnon d’effacer les photos qu’il a fait pendant notre conversation ? J’imagine que le zoom de son appareil a fonctionné, ceci nécessitait un accord que nous ne lui aurions pas donné. Merci de lui rappeler. ‘’
Gênée, sollicitant des excuses, elle acquiesce et s’éloigne définitivement.
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Cet épisode terminé, ils repartent tous à l’eau pour plonger cette fois, et certains d’entre eux se sont munis de leur fusil.
Dans cette eau lumineuse, il est trop tôt pour envisager de chasser, les poissons sont plus loin, et resteront cachés dans les posidonies en attendant que la lumière décline.
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Retour sur la plage, plus loin il y a de l’animation, la dame de tout à l’heure a une discussion vive avec son compagnon-paparazzi, l’enjeu doit être l’effacement de la carte mémoire de l’appareil.
S’il le faut, Roméo et Tristan proposent d’aller s’en assurer, après avoir remis leur maillot.
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Roméo évoque une anecdote drôle vécue à La Terrière, une plage naturiste de Vendée.
‘’ Juliette et moi, on était intrigué par le manège d’un textile qui avait un paquet de chocos dans les mains, dont il sortait de la lumière. Avec quelques voisins de sable on est allé le voir pour découvrir … que dans le paquet il avait mit un smartphone, et il prenait des photos ainsi, mais il avait mis le flash, le futé ! On lui a fait effacer sa SIM et sa carte-mémoire devant nous ‘’.
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L’après-midi se déroule ainsi, entre baignades, anecdotes, et plongées.
Vers 17 heures, le soleil perdant de la hauteur va favoriser la sortie des locataires des posidonies.
Les plus guerriers de la bande se munissent de leurs équipements, en quête du dîner.
Quelques instants plus tard ils reviennent avec quelques trophées, la clarté des lieux et la faune plus rare rendent la chasse aléatoire.
Colomba qui faisait partie des raiders suggère pour ce soir une Aziminu, une bouillabaisse corse.
Ils ont quelques rascasses, rougets et daurades qui cuisinés avec du safran, des tomates, des oignons des aromates, de l’ail et de l’huile d’olive devraient satisfaire les papilles.
Elle y ajoutera de la rouille et des croûtons aillés.
Cette proposition fait l’unanimité.
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Quelques baignades et plongées à suivre, puis c’est le retour à Bonifacio pour une soirée où ils ont programmé des jeux après le dîner.
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(à suivre)